mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405573 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juin 2024 par laquelle la préfète du Rhône a désigné le pays à destination duquel il sera reconduit d'office prise pour l'exécution de la peine d'interdiction du territoire national prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Lyon le 16 août 2022.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans examen préalable de sa situation personnelle ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- contrairement à ce que mentionne cette décision, il n'est pas de nationalité bosnienne ;
- il est fondé à revendiquer une situation d'apatridie de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen soulevé n'est susceptible de prospérer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 11 juin 2024, Mme B a présenté son rapport et entendu les observations de M. C, assisté de M. D, interprète en langue yougoslave.
La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, est né le 24 juin 1981 sur le territoire de l'actuelle Bosnie-Herzégovine. Il demande au tribunal d'annuler la décision du 6 juin 2024 par laquelle la préfète du Rhône a désigné le pays à destination duquel il sera reconduit d'office prise pour l'exécution de la peine d'interdiction du territoire national prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Lyon le 16 août 2022.
2. En premier lieu, la décision contestée, qui fait mention des considérations de droit et de fait en constituant le fondement, est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision aurait été prise sans que la préfète du Rhône ne procède à un examen particulier de la situation personnelle de M. C.
4. En troisième lieu, selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Si M. C invoque les stipulations précitées, les conséquences de son éloignement du territoire français sur sa vie privée et familiale résultent de la décision judiciaire d'interdiction du territoire dont il a fait l'objet, et non de la décision contestée dans la présente instance, par laquelle la préfète du Rhône s'est bornée à fixer le pays de renvoi en exécution de cette sanction pénale. Il s'ensuit que le requérant ne peut utilement faire valoir que l'arrêté en litige porterait une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, selon l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
6. La décision contestée a fixé comme pays de renvoi de M. C le pays dont il a la nationalité ou tout autre dans lequel il établirait être légalement admissible. Le préfet a retenu dans sa décision la nationalité bosnienne de l'intéressé, ce qui est conforme à ses déclarations antérieures, et en particulier à celles présentées dans le cadre de sa demande d'asile. M. C soutient néanmoins que la Bosnie-Herzégovine ne le reconnaît pas comme l'un de ses ressortissants. Toutefois, le document dont il se prévaut à l'appui de ce moyen, daté du 14 juin 2023, établit seulement qu'il n'est pas inscrit au registre des citoyens et des naissances de la municipalité de Sarajevo, ce qui est insuffisant pour démontrer qu'il n'aurait, en réalité, pas la nationalité bosnienne et de surcroît insuffisant pour justifier d'une situation d'apatridie. A cet égard, le requérant ne démontre d'ailleurs pas avoir saisi l'Office français de protection des réfugiés et apatrides d'une demande de reconnaissance du statut d'apatride.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision contestée du 6 juin 2024 par laquelle la préfète du Rhône a fixé son pays de destination et que sa requête est donc rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La magistrate désignée,
A. B
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026