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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405700

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405700

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405700
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCAUTENET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, M. A B, représenté par Me Cautenet, demande au juge des référés :

1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 mars 2024 par laquelle le directeur interrégional des douanes et droits indirects de Lyon a prononcé la fermeture immédiate de son débit de tabac ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que la décision contestée fragilise financièrement l'équilibre économique de son établissement et met en péril à très brève échéance l'exploitation de celui-ci ; il emploie trois alternants qu'il ne pourra conserver ; il est père de deux enfants et rembourse chaque mois des crédits importants ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle n'est ni nécessaire, ni proportionnée.

Vu :

- la décision attaquée ;

- la requête n° 2405701, enregistrée le 11 juin 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2010-720 du 28 juin 2010 ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. "

2. Le 8 décembre 2023, le procureur de la République du tribunal judiciaire de Lyon a informé l'administration des douanes, en application des dispositions de l'article 11-2 du code de procédure pénale, de la mise en examen de M. B des chefs de transport, détention, offre ou cession, acquisition et importation non autorisée de stupéfiants, de blanchiment de trafic de produits stupéfiants et de participation à une association de malfaiteurs en vue de la commission d'un ou plusieurs délits punis de dix ans d'emprisonnement. Par une décision du 12 mars 2024, en application des dispositions de l'article 36 du décret du 28 juin 2010 relatif à l'exercice du monopole de la vente au détail des tabacs manufacturés, le directeur interrégional des douanes et droits indirects de Lyon a prononcé la fermeture immédiate du débit de tabac exploité par M. B jusqu'à l'issue de la procédure pénale engagée à son encontre.

3. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. B soutient, d'une part, que l'activité de vente de tabacs et de ses accessoires et produits associés constitue son activité principale, qu'elle représente 155 786 euros pour un résultat d'exercice de 228 909 euros, d'autre part, qu'une commande de tabacs pour un montant de 100 000 euros a été passée quelques jours avant l'édiction de la mesure contestée, enfin, qu'il est en charge de sa famille et a souscrit des prêts personnel et professionnel qu'il ne pourra assumer en cas de fermeture de son établissement. Toutefois, il ne résulte pas du compte de résultat produit que l'activité de vente de tabac représenterait l'activité principale de l'établissement dont la fermeture est prescrite par la décision attaquée. En outre, le document de livraison concernant une commande de tabacs pour un montant d'environ 100 000 euros que le requérant produit fait état du départ de la livraison le 19 mars 2024, postérieurement à l'arrêté en litige, sans que le requérant ne justifie avoir effectué des démarches en vue d'annuler cette livraison avant son départ. Ainsi, et alors que l'extrait de compte bancaire qu'il produit ne saurait refléter l'ensemble de la situation économique et financière de l'établissement, M. B ne justifie pas de ce que l'exécution de la décision litigieuse serait constitutive d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de cette décision, il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision en litige et, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lyon le 22 juillet 2024.

La juge des référés,

V. VACCARO-PLANCHET

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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