mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405806 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 17 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Paquet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de l'admettre dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, d'enjoindre aux autorités compétentes, de lui indiquer un lieu d'hébergement adapté et susceptible de l'accueillir dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ou si sa demande d'aide juridictionnelle est rejetée de lui verser la même somme au titre des mêmes dispositions.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; elle et son fils de 11 mois vivent dehors depuis qu'ils ont été mis à la rue le 9 juin 2024 par une personne qui les hébergeait, ils ne disposent d'aucune ressource ni tente ni couverture ; ces conditions matérielles caractérisent une situation d'urgence ;
- l'absence de toute proposition d'hébergement malgré des alertes émises auprès de l'OFII, de la MVS, du 115 et de la préfecture du Rhône par la Croix rouge et l'ALPIL, et les appels quotidiens au 115, revêt le caractère d'une carence constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'hébergement d'urgence lequel est reconnu par les articles L. 345-1, L. 345 2, L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles et à son droit d'asile lequel est garanti par les articles L. 551-8, L. 522-3 et L. 552-8 du le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une lettre enregistrée le 14 juin 2024, la préfète du Rhône fait valoir que les hébergements d'urgence accueillant les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans relèvent de la compétence des services de la Métropole de Lyon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Mesnard, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Paquet pour la requérante.
La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Mme B, de nationalité guinéenne née en 1996, arrivée en France en 2021 puis a déposé une demande d'asile examinée dans le cadre de la procédure Dublin. Elle a alors accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII le 3 janvier 2022. Retournée en Italie en exécution d'un arrêté de remises aux autorités italiennes, elle soutient qu'ayant fait l'objet d'un arrêté d'expulsion le 21 septembre 2022, elle est revenue déposer une France une seconde demande d'asile, enregistrée le 20 octobre 2022, traitée dans le cadre de la procédure accélérée. Elle a alors fait l'objet d'une décision de cessation des conditions matérielles d'accueil le 17 janvier 2023. Le rétablissement des conditions matérielles d'accueil qu'elle a sollicité le 25 octobre 2022 lui a toutefois été refusé par une décision du 23 janvier 2024 notifiée le 30 janvier 2024.
En ce qui concerne la demande dirigée contre l'OFII
4. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. ". Aux termes de l'article L 552-1 du même code : " Sont des lieux d'hébergement pour demandeurs d'asile : / 1° Les centres d'accueil pour demandeurs d'asile définis à l'article L. 348-1 du code de l'action sociale et des familles ; / 2° Toute structure bénéficiant de financements du ministère chargé de l'asile pour l'accueil de demandeurs d'asile et soumise à déclaration, au sens de l'article L. 322-1 du même code ". Enfin, aux termes de l'article L. 552-8 de ce code : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. / Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ".
5. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation familiale. Dans cette hypothèse, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier au regard de la situation du demandeur d'asile et en tenant compte des moyens dont dispose l'administration et des diligences qu'elle a déjà accomplies.
6. Si la requérante fait valoir qu'elle n'est plus hébergée avec son fils de 11 mois depuis le 9 juin 2024, et que ses appels au 115 sont restés vains, la requérante, qui ne conteste pas la décision de l'OFFI en date du 23 janvier 2024 ne justifie pas que le comportement de l'OFII ferait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile au point de justifier que le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative, statue dans le délai contraint de 48 heures.
En ce qui concerne la demande dirigée contre les autorités compétentes
7. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. () ". Le droit à l'hébergement d'urgence garanti par ces dispositions constitue une liberté fondamentale pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
8. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des articles L. 345-2, L. 345-2-2, L. 345-2-3 et L. 121-7 du code de l'action sociale et des familles, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
9. En l'espèce, la requérante soutient avoir réalisé de nombreux appels au 115. Toutefois, il résulte des échanges de mails qu'elle produit, notamment entre la Croix Rouge et la MVS qu'elle n'aurait pas fait suite à des propositions compte tenu d'une crainte d'être hébergée sans son compagnon à qui l'asile a été refusé. En outre, le couple ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant une situation constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence, justifiant que le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, statue dans le délai contraint de 48 heures sur leur situation et adresse une quelconque injonction à la préfète du Rhône.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée, y compris la demande présentée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 18 juin 2024.
La juge des référés,
D. C
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026