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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405817

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405817

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405817
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP COUDERC ZOUINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, M. A C, représenté par la SCP Couderc-Zouine, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre la décision du 8 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouvellement son autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire " ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence doit être présumée ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision rejetant sa demande de titre de séjour les moyens tirés :

* l'incompétence de l'auteur de l'acte ;

* le défaut d'examen et l'insuffisance de motivation ;

* la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'erreur manifeste d'appréciation ;

* la méconnaissance des dispositions de l'article L. 581-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'erreur manifeste d'appréciation ;

* la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistrée le 2 juillet 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête et fait valoir qu'aucun des moyens ne sont fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2405816 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision rejetant sa demande de renouvellement son autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire "

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Lefevre, représentant M. C.

La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () "

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; qu'il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. D'une part, M. C a formulé une demande de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire le 14 mai 2023 que la préfète du Rhône a rejeté par une décision du 8 avril 2024. M. C se prévaut de la présomption d'urgence constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour. Cette présomption n'étant pas contestée en défense, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

5. D'autre part, en l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision rejetant sa demande de renouvellement de son autorisation provisoire de séjour.

6. Les deux conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies en l'espèce. Dès lors, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en litige et d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

7. M. C ayant été admis à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi visée ci-dessus du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Couderc, avocat du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Couderc de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1000 euros sera versée à ce dernier

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision du 8 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouvellement son autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéficiaire de la protection temporaire " est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête tendant à l'annulation de cette décision.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer la situation de M. C dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à l'avocat de M. C la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas contraire, l'Etat versera la somme de 1000 euros à M. C.

Article 5: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 9 juillet 2024.

La juge des référés, La greffière,

D. B L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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