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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405855

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405855

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405855
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHARREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 juin 2024 la société Acmadis, représentée par Me Bouët, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler, au stade de l'analyse des offres, la procédure engagée par la métropole de Lyon pour la passation d'un accord-cadre mono-attributaire à bons de commande ayant pour objet la fourniture de détecteurs de gaz portatifs et de pièces détachées connexes et la maintenance de ces appareils, y compris les décisions d'attribution de l'accord-cadre et de rejet de son offre ;

2°) le cas échéant, d'enjoindre à la métropole de Lyon de reprendre la procédure au stade de l'analyse des offres ;

3°) d'enjoindre à la métropole de Lyon de verser à l'instance le rapport complet d'analyse des offres ;

4°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 5 000 euros au titre des frais du litige.

Elle soutient que :

- la métropole de Lyon a méconnu le principe de transparence de la procédure faute d'avoir indiqué le prix de son offre dans le courrier l'informant de son rejet, de sorte qu'elle ne connaît pas la méthode de notation du critère du prix ;

- elle n'a pas pris en considération la reprise du matériel pour l'appréciation des offres au regard du critère du prix ;

- le principe d'égalité de traitement entre les candidats ne semble pas avoir été respecté du fait de l'attribution injustifiée d'une note identique à son offre et à celle de l'attributaire pour le critère relatif à la performance en matière de la provenance du matériel ;

- elle est manifestement susceptible d'avoir été lésée par ces manquements.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024 la métropole de Lyon, représentée par Me Charrel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Acmadis au titre des frais du litige.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Acmadis ne sont pas fondés.

La métropole de Lyon a produit le rapport d'analyse des offres de l'accord-cadre, le détail quantitatif estimatif non communiqué aux candidats, les bordereaux de prix unitaires des sociétés Acmadis et Lems et le tableau reprenant les détails quantitatifs estimatifs renseignés de ces deux candidats ainsi que, sur le fondement de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, un mémoire distinct demandant que ces pièces soient soustraites au contradictoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal ayant désigné Mme Michel, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Lors de l'audience publique, Mme Michel a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Chéramy pour la société Acmadis, qui a précisé que par le moyen tiré de ce que la métropole de Lyon a méconnu le principe de transparence de la procédure faute d'avoir indiqué le prix de son offre dans le courrier l'informant de son rejet, de sorte qu'elle ne connaît pas la méthode de notation du critère du prix, elle entend soutenir que la métropole de Lyon a manqué au principe d'égalité de traitement entre les candidats en recourant à une unique simulation de commande, et de Me Harket pour la métropole de Lyon.

A l'issue de laquelle la juge des référés a reporté la clôture de l'instruction au 8 juillet à 16 heures puis au 9 juillet à 18 heures.

Par un mémoire enregistré le 5 juillet après audience, la société Acmadis a repris le moyen tel que précisé à l'audience tiré de ce que la métropole de Lyon a manqué au principe d'égalité de traitement entre les candidats en recourant à une unique simulation de commande.

Par un mémoire enregistré le 8 juillet, la métropole de Lyon soutient que ce moyen n'est pas fondé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".

2. Par un avis d'appel public à la concurrence envoyé à la publication le 11 octobre 2023, la métropole de Lyon a engagé une procédure avec négociation en vue de l'attribution d'un accord-cadre mono-attributaire à bons de commande ayant pour objet la fourniture de détecteurs de gaz portatifs et de pièces détachées connexes et la maintenance de ces appareils. La société Acmadis, qui a été informée par un courrier du 3 juin 2024 que son offre, classée en deuxième position, n'avait pas été retenue, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler la procédure au stade de l'analyse des offres, y compris les décisions d'attribution de l'accord cadre et de rejet de son offre et d'enjoindre à la métropole de Lyon de reprendre la procédure, le cas échéant, au stade de l'analyse des offres et de verser à l'instance le rapport complet d'analyse des offres.

Sur les conclusions tendant à la production du rapport d'analyse des offres :

3. La métropole de Lyon a produit le rapport d'analyse des offres selon les modalités prévues par l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la société Acmadis tendant à la production de ce rapport sont devenues sans objet. Il n'entre pas dans l'office du juge des référés précontractuels, tel que défini par les dispositions précitées de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'en ordonner la communication.

Sur le surplus des conclusions :

4. En premier lieu, pour l'appréciation du critère du prix des prestations, pondéré à 30 %, la métropole de Lyon, comme annoncé dans le règlement de la consultation, a analysé les offres des candidats sur la base d'une commande fictive, reposant sur les besoins habituels de la métropole tels qu'exprimés à l'occasion des deux derniers marchés exécutés, sur la durée totale de l'accord-cadre, et portés à la connaissance des candidats à l'annexe 2 du cahier des clauses techniques particulières joint aux documents de consultation, qui dresse la liste des équipements du parc actuel, aux quantités de laquelle ont été rapportés les prix unitaires indiqués dans les bordereaux des différentes offres. La simulation choisie n'a pas eu pour effet, faute d'inclure le matériel de reprise, de privilégier un aspect particulier de sorte que le critère du prix s'en serait trouvé dénaturé. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la métropole de Lyon a manqué au principe d'égalité de traitement entre les candidats en recourant à une unique simulation de commande doit être écarté, de même que celui, à le supposer maintenu, tiré de la méconnaissance du principe de transparence de la procédure.

5. En deuxième lieu, la société Acmadis ne peut utilement soutenir que la reprise du matériel, qui constitue un élément noté exclusivement au titre du critère relatif à la performance en matière de protection de l'environnement, n'a pas été prise en considération pour l'appréciation des offres au regard du critère du prix.

6. En dernier lieu, il appartient au juge des référés précontractuels de relever des manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence mais non d'apprécier les mérites respectifs des offres. Par suite, le moyen tiré de ce que l'attribution, en méconnaissance du principe d'égalité de traitement entre les candidats, d'une note identique à l'offre de l'attributaire et à celle de la société Acmadis pour le critère relatif à la performance en matière de la provenance du matériel proposé par celles-ci ne serait pas justifiée est inopérant.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Acmadis doit être rejetée, en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à sa charge la somme de 1 400 euros à verser à la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la société Acmadis est rejetée.

Article 2 : La société Acmadis versera la somme de 1 400 euros à la métropole de Lyon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés Acmadis et Lems et à la métropole de Lyon.

Fait à Lyon, le 19 juillet 2024.

La juge des référés,

C. Michel

La greffière,

K. Schult

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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