mercredi 27 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405894 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | COFFIGNAL CHARLINE |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2405894, Mme B C épouse E, représentée par Me Coffignal, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer dans le délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont insuffisamment motivées ;
- il n'est pas justifié de la consultation régulière du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et le refus critiqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est également entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui est opposé entache d'illégalité l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête de Mme E ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été reportée en dernier lieu au 9 octobre 2024 à 18h00 par une ordonnance du 7 octobre précédent.
II- Par une requête enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2405895, M. D E, représenté par Me Coffignal, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire sont insuffisamment motivées ;
- le refus de titre de séjour qui lui a été opposé est entaché d'illégalité dès lors qu'il n'est pas justifié de la consultation régulière du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'examen de la demande de renouvellement de titre de séjour de son épouse et le refus critiqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et résulte également d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre de séjour en litige entache d'illégalité l'obligation de quitter le territoire français qui lui est opposée ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête de M. E ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été reportée au 9 octobre 2024 à 18h00 par une ordonnance du 7 octobre précédent.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Reniez,
- et les observations de Me Coffignal pour Mme et M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissants arméniens respectivement nés en 1989 et 1993, M. et Mme E contestent, chacun en ce qui le concerne, les décisions du 16 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté leur demande de renouvellement de leur titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de renvoi
2. Les requêtes n° 2405894 et n° 2405895 visées ci-dessus sont relatives à la situation des membres d'un même couple et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Traduisant un examen particulier de la situation des requérants, les décisions attaquées portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire font état de façon circonstanciée des considérations de droit et de fait qui les fondent et relatives en particulier à la possibilité d'une prise en charge appropriée de l'état de santé de la requérante, au parcours des intéressés et de leur situation professionnelle et familiale. Dans ces conditions, les moyens tirés du défaut de motivation de ces décisions du 16 mai 2024 et du défaut d'examen de la situation de M. et Mme E doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'allèguent les requérants, les décisions en litige ont été prises au vu de l'avis d'un collège de trois médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) relatif au possibilités de prise en charge en Arménie de l'état de santé de Mme E émis le 7 juin 2023 dans le cadre de l'instruction de la demande de renouvellement du titre de séjour de celle-ci au vu des conclusions d'un rapport établi le 22 mai 2023 par un médecin n'ayant lui-même pas siégé au sein de ce collège. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie en raison du défaut de recueil préalable d'un tel avis doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. Pour soutenir que les stipulations citées au point précédent ont été méconnues et que le refus de leur délivrer un titre de séjour résulte d'une erreur manifeste d'appréciation, M. et Mme E font valoir les nécessités de la prise en charge médicale de la cardiopathie congénitale dont souffre la requérante ainsi que l'ancienneté de leur présence et leur bonne intégration en France, où ils sont entrés en 2017, où leurs deux enfants nés en 2013 et 2019 sont scolarisés, où se trouve également la mère de la requérante et où ils ont l'un et l'autre exercé une activité professionnelle au bénéfice du titre de séjour qui leur avait été précédemment délivré. Toutefois, M. et Mme E, dont les demandes d'asile ont été rejetées en 2017 et qui ont par la suite été autorisés à séjourner en France en raison de la cardiopathie de Mme E, ne contestent pas utilement les énonciations de l'avis émis le 7 juin 2023 par le collège des médecins de l'OFII au vu duquel les refus critiqués ont été pris et selon lequel l'état de santé de Mme E peut faire l'objet d'une prise en charge appropriée en Arménie et les requérants ne font pas état d'autres obstacles à ce que leur cellule familiale s'y reconstitue. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'atteinte excessive que les refus de titre de séjour en litige porteraient au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen tiré par les requérants de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de leurs enfants protégé par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Les circonstances dont font état les requérants, tirés notamment de leurs perspectives professionnelles, ne suffisant pas davantage pour considérer que la préfète du Rhône a entaché ses décisions portant refus de titre de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur la situation des intéressés.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. et Mme E ne sont pas fondés à se prévaloir par voie d'exception de l'illégalité du refus de titre de séjour qui leur a été opposé pour demander l'annulation des décisions qu'ils contestent portant obligation de quitter le territoire français prises sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Si M. et Mme E font valoir que les décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français portent une atteinte excessive à leur vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résultent d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation, ces moyens doivent être écartés pour les motifs de fait relatifs à la situation personnelle et familiale des requérants précédemment exposés au point 7.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre les décisions de la préfète du Rhône du 16 mai 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme E, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions des requérants tendant à leur application et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2405894 de Mme E est rejetée.
Article 2 : La requête n° 2405895 de M. E est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse E, à M. D E et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2024.
La rapporteure,Le président,
E. ReniezA. Gille
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Nos 2405894-2405895
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026