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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406129

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406129

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406129
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024 Mme A B, représentée par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier Avocats Associés, demande au juge des référés du tribunal :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui remettre son titre de séjour dans un délai de sept jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'activer son titre de séjour sur la plateforme de l' administration numérique pour les étrangers en France, d'enregistrer sans mention de retard sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il y a urgence à prononcer les injonctions sollicitées, dès lors qu'en l'absence de son titre de séjour, elle est privée de son droit de résider en France, de son droit de travailler, de ses droits à des prestations sociales, de sa liberté d'aller et venir, de son droit de mener une existence normale et d'effectuer les actes de la vie courante et qu'en l'absence de ce titre de séjour et d'activation de son compte sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France, elle ne peut engager les démarches de renouvellement de son titre de séjour, ce qui inscrit la précarité de sa situation dans la durée ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et venir, à son droit au recours et à l'intérêt supérieur de son enfant mineur.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Drouet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Si, à l'appui de sa requête, Mme B soutient qu'en l'absence de son titre de séjour, elle est privée de son droit de résider en France, de son droit de travailler, de ses droits à des prestations sociales, de sa liberté d'aller et venir, de son droit de mener une existence normale et d'effectuer les actes de la vie courante et qu'en l'absence de ce titre de séjour et d'activation de son compte sur la plateforme de l'administration numérique pour les étrangers en France, elle ne peut engager les démarches de renouvellement de son titre de séjour, ce qui inscrit la précarité de sa situation dans la durée, la requérante ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête de Mme B présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de cette même requête à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2406129 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera à notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 25 juin 2024.

Le juge des référés,

H. Drouet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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