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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406215

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406215

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406215
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGILLIOEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juin 2024, M. A B, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant un délai de dix-huit mois à compter de l'exécution de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 2 mars 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article L.614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2°, ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision./ L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions. " Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'çà la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a reçu notification, le 16 février 2024, de la décision lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français en litige. Le requérant fait valoir que la mention des voies et délais de recours était erronée, indiquant à tort qu'il disposait d'un délai de quarante-huit heures pour en demander l'annulation, alors que ce délai est de quinze jours. Toutefois, cette circonstance, qui n'a pu en l'espèce induire en erreur le requérant en l'incitant à déposer tardivement son recours, reste sans incidence sur les délais de recours contentieux nés de l'application des dispositions de l'article L. 6145 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seules applicables. La requête, qui a été présentée le 25 juin 2024, soit plusieurs mois après l'expiration de ces délais, est ainsi tardive.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Ain.

Fait à Lyon, le 11 juillet 2024.

Le président,

T. Besse

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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