LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406360

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406360

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406360
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU 2ème chambre
Avocat requérantNICOLAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin et 11 novembre 2024, M. A C, représenté par la SELARL EN Avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée ;

- cette décision est entachée d'une erreur de fait ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;

- compte tenu des problèmes de santé qu'il rencontre, le préfet aurait dû solliciter l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration avant de lui opposer une obligation de quitter le territoire français ;

- cette obligation est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet aurait dû fonder sa décision sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1, applicables dans l'hypothèse du refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- compte tenu des particularités de sa situation sur le territoire français, cette obligation méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- compte tenu de ses répercussions sur son enfant, l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- compte tenu des problèmes de santé qu'il rencontre, cette obligation est aussi entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement ;

- la décision fixant pays de renvoi devra être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par une décision du18 octobre 2024, M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Nicolas, représentant M. C, qui a repris les conclusions et moyens de la requête, et de M. C, assisté de Mme B, interprète en langue anglaise,

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant du Nigéria, est arrivé sur le territoire français en avril 2019. Par un arrêté du 27 juin 2024, le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet de la Loire et par délégation, par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture, titulaire d'une délégation de signature à cet effet consentie par un arrêté du 13 juillet 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 24 juillet suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

4. L'arrêté litigieux mentionne que M. C, qui est démuni de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité, déclare être entré en France en avril 2019 sans en apporter la preuve et que, ne justifiant pas avoir entrepris des démarches pour régulariser sa situation, il se maintient en situation irrégulière sur le territoire français. Même si cet arrêté ne vise pas les dispositions de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces considérations de fait permettent de comprendre que le préfet a entendu fonder sa décision sur ces dispositions. L'obligation de quitter le territoire français attaquée est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. La circonstance que cette décision ne mentionne pas la demande de titre de séjour que l'intéressé a précédemment déposée, le 1er février 2024, est à cet égard sans aucune incidence, de même que la circonstance que l'arrêté litigieux vise les articles L. 611-4 et L. 611-5 de ce code, qui n'étaient pas en vigueur à la date de cet arrêté.

5. En troisième lieu, l'arrêté attaqué indique que M. C est célibataire. Si ce dernier fait valoir qu'en réalité, il vit en couple, cet arrêté n'est pour autant entaché d'aucune erreur de fait, dès lors qu'il est constant que le requérant n'est pas marié avec la compatriote avec laquelle il soutient entretenir une relation.

6. En quatrième lieu, si l'arrêté attaqué ne mentionne pas la demande de titre de séjour que M. C a déposée le 1er février 2024, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni de l'ensemble des pièces du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier suffisant de la situation de M. C.

7. En cinquième lieu, lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, l'autorité préfectorale n'est tenue, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement.

8. En l'espèce, si M. C produit des convocations à des examens médicaux, il ne ressort d'aucun élément probant qu'il serait susceptible de bénéficier d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Au demeurant, la demande qu'il a présentée le 1er février 2024 en qualité d'étranger malade a fait l'objet d'une décision implicite de rejet, le 1er juin 2024, avant l'intervention de l'arrêté attaqué.

9. En sixième lieu, le préfet de la Loire a pu légalement fonder l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y maintenant sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. La circonstance que, en raison du refus de titre de séjour mentionné au point précédent, le préfet aurait pu également prendre une telle obligation en se fondant sur les dispositions du 3° de cet article, applicables à l'étranger s'étant vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, est sans incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français contestée. Cette obligation n'est donc entachée d'aucune erreur de droit.

10. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

11. Si M. C se prévaut de la relation qu'il entretient avec une compatriote, avec laquelle il a eu un enfant, né le 5 février 2022 sur le territoire français, il n'apporte aucune précision sur les conditions du séjour de l'intéressée en France. Par ailleurs, aucun élément ne fait obstacle à la poursuite de la vie familiale dans le pays d'origine de M. C et de sa compagne. Dès lors, et même s'il a suivi des cours de français, au demeurant durant le seul mois d'octobre 2024, et exercerait des activités de bénévolat, compte tenu des conditions et de la durée du séjour en France du requérant, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Cette dernière n'est donc pas contraire aux stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. En huitième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Compte tenu de ce qui a été dit au point 11 ci-dessus, et notamment de la possibilité de poursuivre la vie familiale au Nigéria, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en opposant une obligation de quitter le territoire français à M. C, le préfet de la Loire aurait méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant du requérant.

14. En neuvième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 8 ci-dessus, en prenant une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. C, le préfet n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

15. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé soutenir que les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination doivent être annulées en raison de l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

16. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté est entaché d'illégalité et doit être annulé.

17. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution au titre des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter les conclusions présentées à cette fin par M. C.

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, verse au conseil du requérant la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Loire.

Copie en sera adressée pour information à la SELARL EN Avocat.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.

Le magistrat désigné, La greffière,

J.-P. D G. Reynaud

La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions