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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406379

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406379

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406379
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantSGUAGLIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2401425 du 28 juin 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a transmis au tribunal administratif de Lyon la requête présentée par M. B C.

Par cette requête enregistrée le 25 juin 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 3 juillet 2024, M. C, représenté par Me Sguaglia demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 24 juin 2024 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a déterminé le pays de destination en cas de reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;

3°) en cas d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de faire procéder à l'effacement de son signalement au fichier d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet du Puy-de-Dôme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou à tout le moins de réexaminer sa demande sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen et dans le délai d'un mois, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxes sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions :

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme aurait dû prendre en compte sa situation à la date de sa demande ; sa condamnation date de mai 2023 ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreurs de faits ;

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Le préfet du Puy-de-Dôme a produit des pièces, enregistrées le 2 juillet 2024.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 juillet 2024 :

- le rapport de Mme Rizzato,

- les observations de Me Sguaglia, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe oralement. Elle fait valoir que le requérant est entré en France à l'âge de 14 ans, a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance et qu'il a bénéficié d'un titre de séjour valable jusqu'en 2022. Elle soutient qu'il remplissait les conditions pour que ce titre soit renouvelé à la date à laquelle il en a fait la demande dès lors que sa condamnation pénale a été prononcée en 2023. Elle fait également valoir que le préfet du Puy-de-Dôme a entaché ses décisions d'erreurs de faits s'agissant du nombre de condamnations prononcées à son encontre et de son domicile. Elle soutient enfin que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée de cinq ans, est excessive et disproportionnée et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public compte-tenu de la nature des faits pour lesquels il a été condamné et dès lors qu'il n'y a pas de risque de réitération.

- les observations de Me Coquel substituant Me Tomasi, représentant le préfet du Puy-de-Dôme qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

- et les observations de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant camerounais né le 9 décembre 2002, demande l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur l'étendue du litige :

4. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". La procédure applicable en cas d'assignation à résidence ou de placement en rétention résulte des articles L. 614-7 à L. 614-13 de ce code.

5. Par ailleurs, en application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, lorsque l'étranger, placé en rétention ou assigné à résidence, a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire français, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire français.

6. En l'espèce, M. C ayant été placé en rétention administrative par un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme du 27 juin 2024, il y a lieu pour le juge compétent au titre des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du 24 juin 2024 par lesquelles le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. En revanche, les conclusions à fin d'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de son titre de séjour ainsi que les conclusions accessoires qui y sont liées demeurent de la compétence de la formation collégiale du tribunal.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs :

7. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte la mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.

8. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Puy-de-Dôme, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de M. C, n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle du requérant compte-tenu des éléments dont il avait connaissance. En particulier, le préfet a relevé que le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand a prononcé, le 6 juillet 2022, une ordonnance de protection au bénéfice de l'ancienne compagne du requérant et interdit à celui-ci d'entrer en relation ou de rencontrer celle-ci ainsi que le père et les enfants de celle-ci. La décision en litige mentionne également que l'intéressé a été condamné, par jugement du 31 mai 2023, à une peine de prison de neuf mois avec sursis probatoire assortie de la même interdiction, pour des faits de dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, d'envois réitérés de messages malveillants à son ancienne concubine et pour ne pas avoir respecté à plusieurs reprises l'ordonnance de protection précitée. Le préfet relève enfin que le sursis probatoire a partiellement été révoqué par décision du 14 mars 2024 du juge d'application des peines. Le moyen tiré de l'absence ou de l'insuffisance d'un tel examen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". L'article L. 432-1 du même code prévoit que : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".

10. En premier lieu, la légalité d'une décision s'appréciant à la date de son édiction, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que sa condamnation pénale a été prononcée en 2023, postérieurement à sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour, à le supposer soulevé, doit dès lors être écarté.

11. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision repose sur des faits erronés dès lors que le préfet du Puy-de-Dôme a relevé, à tort, qu'il a fait l'objet de plusieurs condamnations. Cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que les faits retenus par l'autorité préfectorale comme caractérisant une menace pour l'ordre public, qui ont donné lieu à plusieurs décisions de justice, ne sont pas contestés. Par ailleurs, et en tout état de cause, les pièces du dossier ne permettent pas d'établir que le préfet aurait commis une erreur de fait s'agissant de sa résidence effective.

12. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du jugement du tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand statuant sur la révocation du sursis probatoire, que le requérant " a régulièrement violé son interdiction d'entrer en relation avec Mme A, par courrier, courriel , appels vidéo et appels téléphoniques, commentaires d'une page Facebook " et a, par message téléphonique daté du 3 mars 2024, enjoint à Mme A (et son père) de se rendre au tribunal afin d'intervenir pour qu'on le laisse " tranquille ", sous peine de subir des représailles ". Le requérant explique son comportement par les sentiments qu'il portait alors à son ex concubine et soutient qu'il a désormais fait le deuil de cette relation, et que les faits ne constituent pas une menace à l'ordre public dès lors que seule Mme A était menacée. Toutefois, compte-tenu des faits reprochés, dont il a reconnu la réalité, et de leur caractère récent, le requérant doit être regardé comme représentant une menace actuelle pour l'ordre public. Si le requérant se prévaut de sa durée de présence en France et de son insertion professionnelle, il ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et sa relation avec Mme A a désormais pris fin. Dans ces conditions, compte-tenu de la menace à l'ordre public qu'il représente, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts qu'elle poursuit. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet du Puy-de-Dôme aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français contre la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire doit être écartée par les motifs retenus aux points 7 à 13.

15. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.".

16. Le requérant fait valoir que contrairement à ce qu'a estimé le préfet, il justifie de garanties de représentation et se prévaut d'une résidence effective et permanente. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 13 que le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public. Dès lors, ce motif suffit à fonder la décision contestée et c'est sans méconnaître les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Puy-de-Dôme a pu lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions précitées. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :

17. En premier lieu, l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écartée par les motifs retenus aux points 7 à 13.

18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

19. M. C s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme a fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. Or l'intéressé ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, et malgré la durée de son séjour, des liens dont il se prévaut sur le territoire français, dès lors qu'il est désormais séparé de sa compagne, et de l'intensité de l'intégration professionnelle qu'il invoque. Par ailleurs sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et en tout état de cause, il n'est pas établi que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Le préfet du Puy-de-Dôme n'a ainsi pas méconnu les dispositions précitées en lui interdisant de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans, cette durée n'étant pas disproportionnée. Le préfet n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision du 24 juin 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a refusé de lui renouveler son titre de séjour ainsi que les conclusions accessoires à cette demande d'annulation sont renvoyées devant une formation collégiale.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Puy-de-Dôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

La magistrate désignée,

C. Rizzato

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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