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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406416

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406416

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406416
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantPAQUET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024 Mme A B, représentée par Me Paquet, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution des décisions du 21 février 2024 de la préfète du Rhône portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sous astreinte de 30 euros par jour de retard passé le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour et, dans l'attente et dans le délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour ou, à défaut, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé le délai de deux mois, de réexaminer sa situation et, dans l'attente et dans le délai de huit jours, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil ou le cas échéant à elle-même au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de sa particulière vulnérabilité ;

- la préfète du Rhône n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;

- elle s'est fondée sur des faits matériellement inexacts ;

- elle a méconnu les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 33 de la convention de Genève ;

- elle a commis une erreur manifeste en estimant que sa situation ne répondait pas à des motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et plus largement quant aux conséquences des décisions portant refus de titre de séjour et fixation du pays de renvoi sur sa situation personnelle ainsi que dans la mise en œuvre de son pouvoir général de régularisation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 25 juin 2024 sous le n° 2406198 par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions attaquées ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal ayant désigné Mme Michel, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'une part et en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme B n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 21 février 2024 de la préfète du Rhône portant refus de titre de séjour. Sa demande de suspension de l'exécution de cette décision est dès lors manifestement mal fondée.

3. D'autre part, en vertu de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'introduction de la requête en annulation formée par Mme B le 25 juin 2024 et enregistrée sous le n° 2406198 fait à ce jour obstacle à son éloignement effectif sur le fondement de l'obligation de quitter le territoire qu'elle conteste. Par suite, sa demande de suspension de l'exécution des décisions du 21 février 2024 de la préfète du Rhône portant obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et fixation du pays de renvoi n'est manifestement pas recevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lyon, le 5 juillet 2024.

La juge des référés,

C. Michel

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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