lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 8ème chambre |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le n° 2406450, par une requête et un mémoire enregistrés le 2 juillet 2024 et le 1er octobre 2024, M. D E, représenté par Me Paquet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écriture, :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 18 juin 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente, et dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer dans l'attente, et dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le Système d'information Schengen (SIS) dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros hors taxe à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou s'il n'est pas admis à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'une erreur de droit en l'absence d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des faits et d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la préfète du Rhône a entaché sa décision d'un détournement de l'objet de la loi.
La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 26 juillet 2024.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 25 juillet 2024.
II. Sous le n° 2406451, par une requête et un mémoire enregistrés le 2 juillet 2024 et le 1er octobre 2024, Mme A G, représentée par Me Paquet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 18 juin 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi.
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente et dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans les mêmes conditions ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros hors taxe à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou si elle n'est pas admise à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'une erreur de droit en l'absence d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 26 juillet 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 25 juillet 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Dèche, présidente de la huitième chambre, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dèche, magistrate désignée,
- et les observations de Me Paquet, représentant M. E et Mme B, qui a repris ses conclusions et moyens ainsi que celles de M. E et Mme B.
La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E et Mme B, respectivement ressortissants guinéen et ivoirien, nés tous deux en 1999, sont entrés en France respectivement les 23 février 2022 et 3 février 2022. M. E a demandé l'asile le 7 mars 2022, et a été placé sous procédure Dublin. Le 8 juin 2022, il a fait l'objet d'un arrêté portant remise aux autorités espagnoles, ainsi que d'un arrêté portant assignation à résidence. L'asile lui a été refusé par une décision du 18 août 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision du 29 janvier 2024 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Mme B a demandé l'asile le 11 février 2022, qui lui a été refusé par une décision du 18 août 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision du 29 janvier 2024 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par deux arrêtés du 18 juin 2024, la préfète du Rhône, les a obligés, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et a interdit à M. E de retourner sur le territoire français pour une durée de six mois. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de ces décisions.
2. Les requêtes n° 2406450 et n° 2406451 concernent la situation des membres d'une même famille, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, ainsi, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. E et Mme B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 25 juillet 2024. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur leurs conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers que les arrêtés attaqués visent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionnent les éléments de fait relatifs aux situations propres aux requérants au regard de leur durée de présence sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de leurs liens avec la France et des considérations humanitaires. Il ne ressort ni de la motivation de ces décisions ni des autres pièces des dossiers que la préfète du Rhône se serait abstenue de procéder à un examen complet de la situation personnelle des intéressés ou qu'elle aurait commis une erreur d'appréciation des faits les concernant.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Il ressort des pièces des dossiers que M. E et Mme B sont présents sur le territoire national depuis seulement deux ans et ont vécu la majorité de leur existence dans leurs pays d'origine. Si M. E allègue faire l'objet de menaces liées à un conflit familial dans son pays d'origine, avoir été victime de violences graves et que sa famille aurait péri dans l'incendie criminel de sa maison familiale, et si Mme B soutient qu'elle a été victime d'un mariage forcé, de deux excisions et de violences conjugales et sexuelles dans son pays d'origine, les éléments produits aux dossiers ne permettent pas d'établir la réalité des risques invoqués. Par ailleurs, les requérants ne font état d'aucun autre élément susceptible de démontrer qu'ils seraient dans l'impossibilité, de mener avec leurs enfants, une vie familiale normale en Guinée ou en Côte d'Ivoire n'est pas démontrée. Dans ces conditions, M. E et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées auraient porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale, ou auraient porté atteinte à l'intérêt supérieur de leur enfant. Par suite, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, les décisions ne sont pas davantage entachées d'erreurs manifestes d'appréciation des conséquences sur leurs situations personnelles.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire :
7. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
8. M. E et Mme B soutiennent que la préfète du Rhône aurait dû leur octroyer un délai de départ volontaire supérieur à trente jours dès lors que la naissance de leur second enfant était prévue le 26 juin 2024. Toutefois, il n'apparaît pas, au regard des éléments produits aux dossiers, qu'un délai supplémentaire aurait dû leur être accordé pour quitter volontairement le territoire français. Ils ne démontrent pas, par ailleurs, que la grossesse de Mme B lui causerait des difficultés pour regagner son pays d'origine dans le délai octroyé. Par suite, les moyens soulevés tirés de la méconnaissance des dispositions précitées et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :
9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
10. Si M. E et Mme B soutiennent qu'ils encourent des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Guinée et en Côte d'Ivoire, dès lors que Mme B serait menacée par son époux suite à sa soustraction à un mariage forcé, qu'elle a subi des violences conjugales et sexuelles de la part de ce dernier, et qu'elle a refusé la pratique de l'excision sur sa fille, et que M. E serait confronté à des menaces de membres de l'ethnie peule en raison de son appartenance à l'ethnie malinké, les éléments produits aux dossiers ne permettent pas d'établir la réalité des risques invoqués. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des erreurs manifestes d'appréciation des conséquences sur leurs situations personnelles doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français à M. E pour une durée de six mois :
11. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
12. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
13. En premier lieu, M. E, qui s'est vu accorder un délai de départ volontaire, entre dans les prévisions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de cinq ans. La circonstance que leur foyer familial soit constitué de deux nationalités et qu'il soit le père de M. C F, de nationalité guinéenne né le 16 mai 2022, issu de sa relation avec Mme B ne constitue pas, au vu des pièces qu'il produit, des circonstances humanitaires justifiant de ne pas édicter une interdiction de retour sur le territoire français. Compte tenu du fait que l'intéressé, bien que ne représentant pas une menace à l'ordre public, séjourne irrégulièrement en France depuis cinq mois à l'issue du refus définitif de sa demande d'asile sans justifier de lien familial stable sur le territoire à l'exception de sa compagne en situation irrégulière et de leursfants, la préfète n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L.612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni édicté une mesure disproportionnée en fixant à six mois l'interdiction de retour sur le territoire français. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
14. En second lieu, si M. E soutient que la préfète du Rhône aurait entaché sa décision d'une erreur de droit, d'un détournement de l'objet de la loi et d'une erreur d'appréciation des faits en retenant que l'intéressé a fait l'objet d'un arrêté de remise aux autorités espagnoles et d'un arrêté d'assignation à résidence notifié le 8 juin 2022, cette circonstance reste sans conséquence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que, bien que les décisions de remise aux autorités espagnoles et d'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 8 juin 2022 ne saurait être regardées comme des mesures d'éloignement au sens des dispositions citées au point 11, la préfète du Rhône a retenu qu'il réside sur le territoire français depuis deux ans et quatre mois et qu'il ne justifie pas de liens intenses, anciens et stables avec la France. Les moyens susanalysés doivent, par suite, être écartés.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions des requêtes aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. E et Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les requêtes n°s 2406450 et 2406451 de M. E et Mme B sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, à Mme A H B et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La magistrate désignée,
P. DècheLa greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Nos 2406450 ' 2406451
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026