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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406512

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406512

mardi 22 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406512
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantIDOURAH SILVÈRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. C, qui contestait le refus implicite de délivrance d’un titre de séjour. La juridiction a considéré que la demande était irrecevable, car le dossier présenté par le requérant était incomplet, notamment en l’absence de justificatifs de la communauté de vie avec son épouse, comme l’exige l’annexe 10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En application des articles R. 431-11, R. 432-1 et R. 432-2 de ce code, le silence de l’administration valait refus implicite d’enregistrement, non susceptible de recours. Les conclusions aux fins d’injonction et au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées par voie de conséquence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2024, M. C, représenté par Me Idourah, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Rhône aurait implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. "

3. Le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai mentionné au point 2, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision susceptible de recours

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas présenté un dossier complet à l'appui de sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française, en l'absence, notamment, de tout document pour justifier de la communauté de vie avec son épouse, alors que l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à laquelle renvoie l'article R. 431-11 précité de ce code, impose de produire des justificatifs de la communauté de vie.

5. Il s'ensuit que, pour le motif indiqué au point 3 ci-dessus, les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées. Les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées par voie de conséquence.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 22 avril 2025.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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