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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406647

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406647

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406647
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 4ème chambre
Avocat requérantGALICHET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Galichet, demande au tribunal :

1°) de bénéficier de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction de retour de 6 mois sur le territoire français ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :

- elle méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant interdiction de territoire français :

- elle est illégale dès lors que l'obligation de quitter le territoire est illégale ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de la Loire a produit des pièces le 23 septembre 2024 qui ont été communiquées.

La présidente du tribunal a désigné M. Clément pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Le rapport de M. Clément, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant nigérian, est entré en France en 2021. Par un arrêté du 11 juin 2024, le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et a prononcé une interdiction du territoire français de 6 mois. M. C A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 25 juillet 2024. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire.

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

4. M. C A né le 24 août 1980 a fait une demande d'asile rejetée par une décision du 19 avril 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 7 novembre 2023.

5. L'arrêté en litige a été signé par M. B D, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du 13 juillet 2023, publié le 24 juillet 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

6. Si le requérant soutient être exposé à des traitements inhumains et dégradant en cas de retour dans son pays d'origine, les éléments présentés à l'instance, qui ont été écartés par la Cour nationale du droit d'asile s'agissant de ses craintes relatives aux agissements de la secte Ogboni, ne sont pas assortis de précisions nouvelles qui conduiraient à retenir les risques invoqués. S'agissant des craintes relatives à l'excision pour ses filles, les affirmations du requérant ne sont assorties d'aucune précision et d'aucune pièce permettant d'en retenir le bien-fondé. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. Alors que M. C A et sa famille sont entrés récemment en France en 2021, les éléments produits à l'instance limités à la scolarisation des enfants et à des cours de français suivis par leurs parents n'établissent pas un ancrage de leurs intérêts privés et familiaux alors que la famille a vécu en Italie et en Allemagne. Dans ces conditions, les moyens tirés d'une erreur manifeste d'appréciation, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.

S'agissant de l'interdiction de territoire :

8. En absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'égard de l'interdiction de territoire doit être écarté.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

9. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 6, le moyen de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales s'agissant de la fixation du pays de renvoi doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C A doit être rejetée en toute ces conclusions y compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A relatives au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

M. ClémentLe greffier,

J. Billot

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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