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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406862

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406862

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406862
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantVIELLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. B A et la société Jul et Gil Solaire Pro, représentés par l'association d'avocats Adret Avocats, demandent au juge des référés :

- d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 mai 2024 du maire de la commune de Charnas opposant un sursis à statuer à la demande de permis de construire déposée par la société Jul et Gil Solaire Pro en vue de la refonte d'un local artisanal sur un terrain situé route des Saillans Ouest ;

- d'enjoindre à la commune de Charnas de délivrer dans le délai d'un mois à la société Jul et Gil Solaire Pro un certificat de permis de construire tacite ou le permis de construire sollicité ;

- de mettre à la charge de la commune de Charnas la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme, notamment ses articles R. 423-19, R. 423-23 et R. 423-38 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A et la société Jul et Gil Solaire Pro demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le maire de la commune de Charnas a sursis à statuer sur la demande de permis de construire déposée le 13 décembre 2023 par la société requérante en vue de la refonte d'un local artisanal.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative () fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste () qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".

3. Pour opposer le sursis à statuer en litige, le maire de Charnas, faisant application des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, s'est fondé sur la circonstance que le projet concerné, portant sur la réalisation d'un local artisanal sur une parcelle située en zone UC1 du futur plan local d'urbanisme intercommunal (PLUiH) dont le projet avait été précédemment arrêté et où les constructions artisanales ne seront pas autorisées, était de nature à compromettre l'exécution de ce plan.

4. Pour demander la suspension de l'exécution de la décision du 14 mai 2024, les requérants soutiennent, d'une part, que, faute de prorogation du délai d'instruction réglementaire de trois mois, cette décision constitue en réalité le retrait d'un permis de construire tacite intervenu sans que la procédure contradictoire imposée en pareille hypothèse ne soit respectée et, d'autre part, que le projet en litige, contrairement à ce qu'a estimé le maire de Charnas, n'est pas de nature à compromettre l'exécution du futur PLUiH. Toutefois, le projet en litige porte sur la réalisation d'un local artisanal d'une surface de plancher de plus de 390 m² sur un terrain que le futur PLUiH classe en secteur de développement urbain limité et, s'agissant du vice de procédure allégué, les requérants se bornent à mettre en doute la réception avant le 13 janvier 2024 par le pétitionnaire d'une demande de pièces complémentaires susceptible de proroger les délais d'instruction. Dans ces conditions, les moyens invoqués ne peuvent être regardés comme étant de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige et il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. A et de la société Jul et Gil Solaire Pro est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A et à la société Jul et Gil Solaire Pro.

Copie en sera adressée pour information à la commune de Charnas.

Fait à Lyon, le 15 juillet 2024.

Le juge des référés,

A. Gille

La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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