jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, Mme D E B, représentée par la SCP Couderc-Zouine (Me Zouine) demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler les décisions du 31 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour portant la mention " étudiant " dont elle était titulaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans un délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision refusant le renouvellement du titre de séjour et celle portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision refusant le renouvellement du titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision refusant le renouvellement du titre de séjour et celle fixant à trente jours le délai de départ volontaire sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant le renouvellement du titre de séjour ;
- la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit d'observations.
La préfète du Rhône a produit des pièces le 25 septembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Mme E B été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leravat,
- et les observations de Me Lulé, représentant Mme E B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E B, ressortissante tchadienne née le 12 mai 2002 entrée en France le 7 novembre 2022 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ", valable du 16 septembre 2022 au 15 septembre 2023 demande l'annulation des décisions du 31 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " dont elle était titulaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office.
Sur l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Mme E B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle. Il n'y a pas lieu, par suite, de statuer sur les conclusions de la requête tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
3. Les décisions contestées ont été signées par Mme A C, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet consentie par un arrêté du 15 mai 2024 de la préfète du Rhône, publié le 16 mai 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :
4. En premier lieu, la décision par laquelle la préfète du Rhône a rejeté la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme E B, qui vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les circonstances relatives à la situation personnelle de la requérante, comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme E B, alors qu'il ressort de la décision attaquée, que la préfète a effectivement pris en compte l'ensemble du parcours de l'intéressée depuis son arrivée sur le territoire national en 2022. Il résulte de ces éléments que le moyen tiré de l'absence d'examen particulier de la situation de la requérante doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ".
7. Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études.
8. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme E B, la préfète du Rhône s'est fondée sur la circonstance que la requérante s'est vue délivrer un visa valant titre de séjour pour suivre une première année de brevet de technicien supérieur (BTS) agricole - sciences et technologies des aliments au lycée agricole de Périgueux au titre de l'année 2022/2023, que n'ayant pu réaliser cette formation, elle s'est inscrite en qualité d'auditeur libre à l'université Lumière Lyon II, sans que cela ne lui confère pour autant le statut d'étudiant, avant de s'inscrire, pour l'année 2023/2024, en première année de bachelor, mention " cyber sécurité " à l'ESI Business School, membre du groupe GEMA (grandes écoles des métiers d'avenir), le relevé de notes du premier trimestre de Mme E B dans cette école faisant état de " la défaillance de l'intéressée " et " d'absences injustifiées à plusieurs examens ". Si Mme E B explique l'impossibilité de suivre le cursus de BTS auquel elle s'est initialement inscrite par une délivrance tardive de son visa, il ressort des pièces du dossier que son visa lui a été délivré la 16 septembre 2022 mais qu'elle n'est arrivée en France qu'au mois de novembre suivant. Au demeurant, Mme E B n'allègue pas avoir sollicité un report de scolarité auprès du lycée agricole de Perigueux. Par ailleurs, si la requérante justifie ses absences par son état de santé et se prévaut de son implication au sein de l'école, étayée par des attestations de deux camarades de classe et d'un professeur, elle n'établit pas, en tout état de cause, avoir validé sa première année à l'issue des examens de juillet 2024 ni même des épreuves de rattrapage du mois de septembre 2024. Ainsi, l'absence de progression et de sérieux dans le suivi des études de Mme E B est caractérisée. Dès lors, la préfète du Rhône n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant " et ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme E B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En second lieu, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen particulier de la situation de la requérante doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme E B n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le délai de départ volontaire serait illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En second lieu, si Mme E B fait valoir qu'un délai supérieur à trente jours aurait dû lui être accordé à titre exceptionnel afin qu'elle puisse finir son année scolaire, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces versées au dossier que Mme E B a démontré un suivi sérieux de ses études et qu'elle soutient devoir passer des examens de rattrapages au mois de septembre 2024. Au demeurant, Mme E B n'allègue pas avoir sollicité l'octroi d'un délai supplémentaire. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Rhône a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et le moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale en conséquence de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme E B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme E B tendant à son admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E B et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
La présidente,
V. VACCARO-PLANCHET
La greffière,
E. GROS
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026