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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2406937

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2406937

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2406937
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL AD JUSTITIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. A B, représenté par la Selarl Ad Justitiam, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois puis de procéder au réexamen de son dossier dans le délai de deux mois à défaut de lui délivrer dans le délai de trente jours le titre de séjour sollicité, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire des décisions contestées ;

- l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- l'arrêté attaqué porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2024.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Reniez a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant arménien né en 1951, M. B conteste l'arrêté du 19 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'arrêté critiqué a été signé par M. Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu de la délégation que le préfet de la Loire lui a donnée par un arrêté du 13 juillet 2023 publié le 24 juillet suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ".

4. Pour rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour formée par M. B au titre de son état de santé, le préfet de la Loire s'est fondé sur un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 4 mars 2024 selon lequel le requérant peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, vers lequel il peut voyager sans risques. Si M. B fait valoir qu'il présente des troubles neurocognitifs et des difficultés sur le plan locomoteur l'empêchant de se déplacer seul, la seule production d'un certificat médical du 4 juillet 2024 faisant état de ce qu'il a besoin de la présence d'un tiers pour pouvoir rester à son domicile et de son incapacité à emprunter les transports en commun seul ne suffit pas pour remettre en cause le bien-fondé de l'avis collégial du 4 mars 2024 et l'appréciation portée par l'autorité préfectorale au vu de cet avis. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

6. Au soutien de son moyen tiré de l'atteinte excessive que le refus de titre de séjour en litige porte à sa vie privée et familiale, M. B, outre son état de santé, se borne à faire valoir sans plus de précisions ni justifications qu'il est présent en France depuis plus de 20 ans et qu'il s'y est bien intégré. Dans ces conditions et alors que le requérant ne fait pas état d'attaches particulières en France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Les circonstances qui sont invoquées ne permettent pas davantage de considérer que le refus de titre de séjour attaqué résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

En ce qui concerne l'éloignement de M. B :

7. Si M. B fait valoir que les décisions lui faisant obligation de quitter le territoire sous trente jours et fixant son pays de renvoi méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, ces moyens doivent être écartés pour les motifs de fait relatifs à la situation du requérant exposés aux points 4 et 6.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La rapporteure,Le président,

E. ReniezA. Gille

La greffière,

K. Schult

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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