jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2406956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer dans le délai de trente jours un certificat de résidence algérien portant la mention " commerçant " ou, à défaut, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler et de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le refus de séjour qui lui est opposé méconnaît les stipulations de l'article 5 et de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité du refus de titre en litige entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français, qui porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français critiquée entache d'illégalité la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours et la décision fixant son pays de destination.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 29 novembre 2024 après clôture de l'instruction.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gille ;
- et les observations de Me Lantheaume pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante algérienne née en 1992, Mme A conteste l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 visé ci-dessus : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. () ". Aux termes de l'article 7 du même accord : " c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
3. Traduisant un examen de la situation particulière de la requérante, l'arrêté critiqué fait état de façon circonstanciée des éléments de fait et de droit qui donnent son fondement à la décision rejetant la demande de titre de séjour présentée par Mme A, en particulier la radiation de son entreprise du registre du commerce et des sociétés (RCS). Par suite, les moyens tirés par Mme A du défaut de motivation de la décision attaquée portant refus de titre de séjour et du défaut d'examen de sa situation doivent être écartés.
4. Pour contester le motif de la décision en litige, qui relève le caractère frauduleux de sa démarche, Mme A soutient que lorsqu'elle a produit les justificatifs requis en vue de la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " commerçant ", elle n'avait pas connaissance de la radiation de son entreprise du RCS intervenue le 19 septembre 2022. Toutefois, alors qu'il est constant que Mme A a fourni à l'appui de sa demande de titre de séjour un extrait Kbis justifiant de son inscription au RCS postérieur à la date de radiation de son entreprise, elle ne justifie en tout état de cause pas de son inscription au RCS à la date de la décision en litige et ne saurait en conséquence faire grief à la préfète du Rhône de s'être fondée sur cette circonstance sans prendre sa bonne foi en considération. Dans ces conditions, le moyen tiré par la requérante de la méconnaissance des stipulations précitées des articles 5 et 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doit être écarté. Les circonstances dont la requérante fait état et tirées notamment de sa bonne foi ne suffisent pas davantage pour considérer que le refus critiqué résulte, au regard de ses conséquences sur la situation de la requérante, d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.
6. A l'appui de sa contestation, Mme A fait valoir l'ancienneté de sa présence et sa bonne intégration en France, où elle est entrée en 2017 pour y être admise à séjourner régulièrement, où se trouvent également en séjour régulier sa mère ainsi que ses sœurs et son frère et où elle a pu exercer une activité professionnelle. Toutefois, il est constant que Mme A, qui est née en 1992, est célibataire et sans charge de famille et n'a été admise à séjourner sur le territoire français entre 2017 et 2019 qu'en qualité d'étudiante puis, à compter de 2019, au bénéfice d'un certificat de résidence portant la mention " commerçant " lui ayant permis d'exercer en qualité d'auto-entrepreneur et jusqu'à la radiation de sa société du RCS une activité d'accompagnement scolaire, de livraison à domicile de repas et de courses, de gardes d'enfants, d'assistance administrative et informatique et de nettoyage. Dans ces conditions et alors qu'il est constant que le père de la requérante demeure en Algérie, le moyen tiré de l'atteinte excessive que l'éloignement de la requérante porterait à sa vie privée et familiale et de la violation en conséquence des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les autres décisions :
7. Eu égard à ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire qui lui a été opposée entache d'illégalité les décision prises sur son fondement et fixant son délai de départ volontaire ainsi que son pays de renvoi.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté de la préfète du Rhône du 18 juin 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de Mme A à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante présentées sur leur fondement et dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 12 décembre 2024.
Le président, rapporteur,
A. Gille
L'assesseure la plus ancienne,
A. Lacroix
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026