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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407008

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407008

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Frery, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et autorisation de franchissement des frontières dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de 8 jours et, dans ce délai, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 juillet 2024 sous le n° 2407007 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Par un jugement du 23 mai 2022, le tribunal administratif de Montreuil a, d'une part, annulé l'arrêté du 30 décembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi et, d'autre part, enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement. Compte tenu du déménagement de M. A à Lyon, le préfet de la Seine-Saint-Denis a, par un courrier électronique en date du 7 novembre 2022, fait état de son incompétence territoriale et indiqué au conseil du requérant que sa demande d'exécution du jugement devait être adressée à la préfecture du Rhône. M. A, qui a contacté à plusieurs reprises la préfecture du Rhône afin qu'elle exécute ce jugement et procède ainsi au réexamen de sa situation, a finalement pu obtenir un rendez-vous en préfecture du Rhône pour le 21 décembre 2023, a déposé le 21 décembre 2023 auprès des services de la préfecture du Rhône un dossier complet et détaillé et s'est vu remettre une autorisation provisoire de séjour.

3. Si M. A soutient qu'une décision implicite de rejet serait née du silence gardé par la préfète du Rhône sur sa demande de titre de séjour déposée le 21 décembre 2023 toutefois, à la suite de l'annulation d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire, il incombe à l'autorité préfectorale, territorialement compétente, de délivrer une autorisation provisoire de séjour à l'intéressé, qui n'est pas tenu de réitérer sa demande de titre de séjour, et de statuer sur son droit au séjour par une décision expresse, et il résulte du jugement du 23 mai 2022 que le tribunal administratif de Montreuil a, comme il a été dit précédemment, fait injonction au préfet territorialement compétent, qui est en l'espèce la préfète du Rhône suite au déménagement de l'intéressé, de réexaminer la situation M. A. Il s'ensuit qu'aucune nouvelle décision implicite de refus de séjour n'est née postérieurement au jugement du 23 mai 2022, contrairement à ce que soutient le requérant. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la préfète du Rhône se serait prononcée, par une décision expresse, sur le droit au séjour de l'intéressé à la suite de ce jugement. Par suite, la demande de suspension dirigée contre une décision inexistante est manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

Juan C

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2407008

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