vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARTINEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2024, la préfète de l'Ain demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner sans délai l'expulsion de Mme A C du logement qu'elle occupe au sein de la résidence Bellevue à Dortan (Ain) et gérée par l'association Alfa3a et de l'autoriser à défaut de départ dans les cinq jours à expulser l'intéréssée avec le concours de la force publique.
Elle soutient que :
- Mme C s'est maintenue dans son logement suite au rejet de sa demande d'asile en justifiant de circonstances médicales exceptionnelles ; toutefois, l'intéressée a refusé de signer le document de renouvellement de sa demande d'admission à l'aide sociale et elle a par suite été mise en demeure de quitter les lieux le 31 mai 2024 ; elle s'est maintenue dans le lieu d'hébergement malgré cette mise en demeure ;
- le maintien de l'intéréssée dans les lieux compromet le fonctionnement normal de l'organisme alors que de nombreux demandeurs d'hébergement d'urgence sont en attente d'un logement ;
- il y a urgence et utilité à cette mesure ; aucune contestation sérieuse ne s'y oppose.
La requête a été communiquée à Mme C, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 29 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, M. B a lu son rapport
Mme C a produit une note en délibéré le 11 septembre 2024, qui a été communiquée, par laquelle elle conclut au rejet de la requête ou, subsidiairement, à ce qu'un délai d'un mois ou à tout le moins vingt jours lui soit laissé avant son expulsion.
Elle soutient qu'elle n'a trouvé aucun hébergement de substitution et que le délai d'expulsion pour procéder à son expulsion est trop bref, alors qu'en raison des conditions météorologiques en septembre et octobre, une expulsion en cette période serait contraire à la sauvegarde de sa dignité ; la situation d'urgence au regard de la saturation du système d'hébergement d'urgence n'est pas suffisamment établie.
En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été différée au 13 septembre 2024 à midi.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Il résulte de ces dispositions que le juge des référés peut prescrire toutes mesures que l'urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement d'urgence, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
3. Par ailleurs, et aux termes du premier alinéa de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. "
4. Mme C, ressortissante géorgienne née en 1966, est hébergée au sein de la résidence Bellevue à Dortan, au bénéfice d'une mesure d'aide sociale en matière de logement depuis août 2021. Cette prise en charge ayant cessé en mars 2024, elle a été mise en demeure de quitter la structure, par courrier du 31 mai 2024.
5. Pour justifier de la situation d'urgence à expulser les intéressés de leur logement, la préfète de l'Ain fait valoir que le dispositif d'hébergement d'urgence est saturé dans le département de l'Ain, 151 ménages n'ayant pu avoir de réponse positive à leur demande au cours du mois de juin 2024, dont plusieurs familles avec des enfants mineurs, et des personnes présentant des pathologies lourdes. Il ne résulte pas de l'instruction que cette situation aurait favorablement évolué depuis cette date et Mme C n'apporte aucune contestation utile sur ce point.
6. En se bornant à faire état de considérations générales sur la situation météorologique et à soutenir qu'elle n'a trouvé aucune autre solution d'hébergement, sans d'ailleurs en justifier, alors qu'elle ne peut ignorer qu'elle occupe irrégulièrement son logement depuis le moins de juin, Mme C, qui ne fait état d'aucun élément précis sur sa situation personnelle ou familiale, n'établit pas que la mesure sollicitée se heurterait à une contestation sérieuse.
7. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à Mme C de libérer sans délai le logement qu'elle occupe au sein de la résidence Bellevue à Dortan. Faute pour l'intéressée d'avoir libéré les lieux à l'issue d'un délai de cinq jours, la préfète de l'Ain pourra requérir le concours de la force publique pour procéder à cette expulsion.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme C de libérer sans délai le logement qu'elle occupe dans la résidence Bellevue à Dortan.
Article 2 : La préfète de l'Ain est autorisée, à l'expiration d'un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, à faire procéder d'office à l'expulsion de l'intéressée, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à la préfète de l'Ain et à Mme A C.
Fait à Lyon, le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. B
Le greffier,
T. ClémentLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026