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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407129

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407129

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407129
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL NNG AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A B et M. D C, qui demandaient l’annulation d’un permis d’aménager délivré par le maire de Francheville le 21 février 2024. Les requérants n’ont pas justifié avoir notifié leur recours à l’auteur de la décision et au titulaire de l’autorisation dans le délai de quinze jours francs prévu par l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme, malgré une demande de régularisation du tribunal. Cette omission, non régularisée, a conduit au rejet de la requête sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 juillet et 23 septembre 2024, M. A B et M. D C doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le maire de Francheville a délivré un permis d'aménager aux sociétés Vinci Immobilier Rhône Alpes et Lyon métropole habitat en vue de la réalisation d'un lotissement de trois lots, sur un terrain situé 6 chemin de Chantegrillet, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

Par un courrier du 11 septembre 2024, les requérants ont été invités à régulariser leur requête au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. "

2. D'autre part, aux termes de R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt () du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / () ".

3. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme que les requérants qui forment un recours contentieux à l'encontre d'un permis de construire doivent notifier une copie intégrale du recours ou une lettre qui reprend intégralement l'exposé des faits, moyens et conclusions de ce recours, à l'auteur de la décision ainsi qu'au titulaire de l'autorisation d'urbanisme dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de la requête. Il appartient au juge, au besoin d'office, de rejeter le recours comme irrecevable, lorsque son auteur, après y avoir été invité par lui, n'a pas justifié de l'accomplissement des formalités requises par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme par la production de ces documents ou de documents présentant des garanties équivalentes.

4. Lorsque l'auteur du recours ne s'est pas acquitté de ces formalités, la communication de la requête par le juge à l'auteur de la décision ou au titulaire de l'autorisation ne peut avoir pour effet de régulariser ce recours, alors même qu'elle interviendrait dans le délai prévu par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

5. En dépit de la demande de régularisation visée ci-dessus qui leur a été adressée le 11 septembre 2024 par le tribunal, dont ils ont pris connaissance par l'intermédiaire de l'application Télérecours, les requérants n'ont pas, dans le délai de quinze jours qui leur a été imparti, justifié avoir notifié leur recours contentieux à l'auteur et au bénéficiaire du permis d'aménager attaqué, contrairement à ce qu'imposent les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Ils ne peuvent utilement soutenir que cette demande de régularisation les a induits en erreur, celle-ci étant postérieure au délai de quinze jours dans lequel ladite formalité doit être effectuée. Par suite, la requête, qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B et M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, représentant unique des requérants, à la société Vinci Immobilier Rhône Alpes, à la société Lyon métropole habitat et à la commune de Francheville.

Fait à Lyon, le 11 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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