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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407155

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407155

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407155
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGIROT-MARC MICHÈLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée par le 19 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Girot-Marc, demande au juge des référés du tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer portant invalidation de son permis de conduire ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son titre de conduite avec les 12 points illégalement retirés suite à l'infraction du 12 août 2023 ayant entrainé un retrait de trois points, l'infraction du 11 mai 2019 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 5 novembre 2018 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 7 janvier 2017 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 16 janvier 2016 à 12 h 34 à Toulon, l'infraction du 16 juillet 2016 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 13 juin 2016 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 6 mai 2016 ayant entrainé un retrait d'un point, l'infraction du 24 septembre 2015 ayant entrainé un retrait d'un point, et l'infraction du 19 mai 2016 ayant entrainé un retrait d'un point, ou de lui restituer son titre avec au moins les 4 points correspondant à son stage effectué.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le n° 2407154.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. B, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

2. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ".

4. Selon l'article R. 522-2 du même code, ne sont pas applicables les dispositions de l'article R. 612-1 qui indiquent que " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".

5. S'il est procédé à l'enregistrement, dans le traitement automatisé dénommé système national des permis de conduire, de toutes décisions portant modification du nombre de points dont est affecté le permis ou invalidation de ce titre pour solde de points nul, cet enregistrement ne saurait être regardé comme constituant, en lui-même, la décision prise par l'autorité administrative. Le titulaire du permis qui demande l'annulation d'une décision portant retrait de points ou invalidation de son permis ne peut ainsi se borner à produire le relevé d'information intégral issu du système national des permis de conduire où elle est enregistrée, mais doit produire la décision elle-même, telle qu'il en a reçu notification dans les conditions prévues à l'article R. 223-3 du code de la route ou, en cas d'impossibilité, apporter la preuve des diligences qu'il a accomplies pour en obtenir la communication.

6. En l'espèce, le requérant fait valoir qu'il n'a appris l'existence de la décision d'invalidation que lorsqu'il a sollicité son solde de point pour voir si le stage qu'il avait effectué les 23-24 février 2024 avait bien été validé, le relevé intégral d'information édité le 23 février 2024 à 15 h 14 mentionnant ainsi que son solde de point est nul et son permis de conduire invalide. Il expose qu'il n'a pas reçu notification de la décision d'invalidation " 48 SI ", compte tenu de son changement d'adresse en septembre 2022. Si le requérant fait valoir qu'il a sollicité la production de cette décision 48 SI auprès du ministre de l'intérieur, toutefois il résulte de l'instruction qu'il n'a procédé à cette demande que par un courrier daté du 18 juillet 2024, veille de la saisine du tribunal et près de 5 mois après avoir eu connaissance de l'existence de cette décision d'invalidation, que ce courrier, adressé en lettre recommandé avec avis de réception n'a été déposé à la poste que ce même jour du 18 juillet 2024, sans qu'il soit d'ailleurs justifié de la réception de ce courrier. En l'état de l'instruction, ces éléments, et les documents produits par le requérant ne suffisent pas ainsi à le regarder comme justifiant se trouver en situation d'impossibilité de produire la décision attaquée au sens de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Ainsi, en l'état de l'instruction, la requête de M. C qui ne répond pas aux exigences de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Fait à Lyon, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

Juan B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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