LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407210

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407210

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407210
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantMANTIONE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées les 22 et 24 juillet 2024, M. D C, représenté par Me Bouchet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 21 juillet 2024 par lesquelles le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a déterminé le pays de destination en cas de reconduite et l'a interdit de retour sur le territoire national avant l'écoulement d'une période de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'ensemble des décisions :

- ces décisions sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées, révélant en cela un défaut d'examen de sa situation particulière ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision l'interdisant de retour sur le territoire français :

- cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code précité ; le quantum retenu revêt un caractère disproportionné.

Des pièces ont été enregistrées le 24 juillet 2024 pour le préfet de la Savoie et ont été communiquées.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Gilbertas.

Vu la prestation de serment de M. E, interprète en langue arabe.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gilbertas, magistrat désigné,

- les observations de Me Bouchet, pour M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens,

- et celles de Me Iririra Nganga, substituant Me Tomasi, pour le préfet de la Savoie, qui conclut au rejet de la requête, les moyens soulevés n'étant pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant algérien né le 3 mai 2001, demande au tribunal l'annulation des décisions du 21 juillet 2024 par lesquelles le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a déterminé le pays de destination en cas de reconduite et l'a interdit de retour sur le territoire national avant l'écoulement d'une période de deux ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de faire droit à la demande de M. C tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur la légalité des décisions attaquées :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. D'une part, l'arrêté portant les décisions en litige est signé par M. A B, sous-préfet de l'arrondissement d'Albertville, en vertu d'une délégation de signature octroyée par arrêté du 9 juillet 2024, régulièrement publiée, dans le cadre de sa permanence du 20 au 21 juillet 2024.

4. D'autre part, l'arrêté attaqué vise les dispositions et stipulations dont il fait application et relève les éléments biographiques du requérant pertinents pour cette application. Il ne résulte ni de cette motivation, suffisante en l'espèce, ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Savoie aurait édicté l'arrêté en litige à l'issue d'un examen incomplet de la situation personnelle du requérant. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. M. C fait valoir résider en France depuis le mois de février 2019 et vivre en concubinage avec une compagne, de nationalité française, depuis plus de deux ans et résider chez la mère de cette dernière depuis un an, produisant des attestations des concernées en ce sens. Il fait également valoir un projet de mariage ainsi qu'une activité professionnelle dans le secteur du bâtiment, sans toutefois justifier de la réalité d'une telle activité ou de l'autorisation afférente. S'il indique également que sa sœur réside de manière régulière en France, il ne produit aucun élément permettant d'étayer une telle circonstance. Compte tenu de la circonstance que l'intéressé a fait l'objet de deux mesures d'éloignement non exécutées, en 2020 et 2022, et de la consistance des attaches avec le territoire national ainsi décrites, l'ensemble de ces éléments ne permet pas, en l'espèce, de caractériser des liens tels avec la France que la décision en litige y porterait une atteinte disproportionnée au regard de ses objectifs. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :

6. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Selon l'article L. 612-3 suivant : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

7. Pour refuser un délai de départ volontaire à M. C, le préfet de la Savoie a relevé, au visa des dispositions précitées, que celui-ci ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire national, qu'il n'avait pas sollicité de titre de séjour, qu'il avait déclaré lors de son audition ne pas vouloir se conformer à une éventuelle mesure d'éloignement, qu'il s'était soustrait à de précédentes mesures d'éloignement, édictées le 4 décembre 2020 par le préfet de la Seine Maritime et le 14 octobre 2022 par le préfet de Seine Saint-Denis, et qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisante en l'absence de documents de voyage, de résidence effective et permanente établie sur le territoire national et du fait de l'utilisation de fausses identités lors de plusieurs interpellations. En se bornant à produire une attestation d'hébergement et à rappeler les éléments privés le concernant, le requérant ne remet aucunement en cause les autres motifs relevés par l'autorité compétente, laquelle doit être regardée dès lors comme ayant fait une exacte application des dispositions précitées. Le moyen afférent doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

9. Pour interdire de retour M. C sur le territoire français pour une durée de deux ans, le préfet de la Savoie, au visa des dispositions précitées, a relevé les conditions du séjour de l'intéressé en France, ainsi qu'analysées au point 5 du présent jugement, que le requérant avait fait l'objet de mesures d'éloignement antérieures qu'il n'avait pas exécutées et que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public, au regard d'interpellations sous de faux noms pour des faits de détention de stupéfiants et violences aggravées. En se bornant à faire valoir les éléments relatifs à sa vie privée et familiale, et notamment son projet de mariage, le requérant ne remet pas en cause la matérialité des motifs retenus par l'autorité compétente ni la caractérisation de menace à l'ordre public retenue. C'est ainsi par une exacte application des dispositions précitées et sans disproportion que le préfet de la Savoie a pu interdire le requérant de retour sur le territoire national pour une durée de deux ans.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Bouchet et au préfet de la Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

M. Gilbertas

La greffière,

L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour exécution conforme,

Un greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions