vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, M. E A, représenté par Me Jaber, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a fixé le pays de destination en cas de reconduite ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elles est insuffisamment motivée, révélant en cela un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les exigences de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Des pièces ont été enregistrées pour le préfet du Puy-de-Dôme le 25 juillet 2024 et ont été communiquées.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à M. Gilbertas.
Vu la prestation de serment de Mme B, interprète en langue albanaise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, magistrat désigné,
- les observations de Me Jaber, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens,
- et celles de Me Morisson-Cardinaud, substituant Me Tomasi, pour le préfet du Puy-de-Dôme, qui conclut au rejet de la requête, les moyens soulevés n'étant pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant albanais né le 19 octobre 1988, demande au tribunal l'annulation de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle le préfet du Puy-de-Dôme a fixé le pays de destination en cas de reconduite.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de faire droit à la demande de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D C, cheffe du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture du Puy-de-Dôme, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté préfectoral du 30 mai 2024, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions et stipulations dont il fait application et relève les éléments biographiques du requérant pertinents pour cette application. Il ne résulte ni de cette motivation, suffisante en l'espèce, ni des autres pièces du dossier, qui comprennent la procédure contradictoire préalable ainsi que l'ensemble des déclarations de l'intéressé, que le préfet du Puy-de-Dôme aurait édicté l'arrêté en litige à l'issue d'un examen incomplet de la situation personnelle du requérant. Les moyens afférents doivent ainsi être écartés.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
6. M. A, dont la demande de protection internationale a été rejetée définitivement par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 24 février 2022, n'établit pas, en l'absence de tout élément objectivable produit, que lui-même ou un membre de sa famille serait soumis à des risques proscrits par les stipulations précitées en cas de départ en Albanie. S'il fait, par ailleurs, état d'un suivi médical en France, dont le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'interruption n'entraînerait aucune conséquence d'une extrême gravité pour lui dans son avis du 18 juillet 2022, il n'établit pas qu'une prise en charge adaptée ne pourrait être poursuivie dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Selon l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. M. A fait valoir que la décision en litige, qui fixe son pays d'origine, l'Albanie, ou tout autre pays où il serait admissible comme pays de destination en cas de renvoi, méconnaîtrait les exigences des stipulations précitées dès lors qu'elle impliquerait nécessairement une séparation avec sa compagne, de nationalité colombienne et en situation irrégulière en France, et leurs deux enfants. Toutefois, la décision en litige, qui est distincte de l'interdiction judiciaire de territoire français pour une durée de dix ans prononcée par le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand par jugement correctionnel du 14 avril 2023, n'a ni pour objet ni pour effet d'entraîner une telle séparation. Ainsi, et dans la mesure où le requérant ne fait état, ainsi qu'il a été précédemment dit, d'aucun élément indiquant que sa famille ne pourrait le rejoindre, notamment, en Albanie, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations précitées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Jaber et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
La magistrat désigné,La greffière
M. F
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026