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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407363

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407363

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407363
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Frery, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de statuer sur sa demande de titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de le munir, dès notification de l'ordonnance, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et autorisation de franchir les frontières ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et autorisation de franchir les frontières dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il existe une situation d'urgence dès lors qu'il souhaite rendre visite à sa mère qui est hospitalisée en Turquie ; que l'autorisation provisoire de séjour dont il dispose ne l'autorise pas à travailler et qu'il risque de ne pas pouvoir être réadmis sur le territoire français ;

- sa demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- il a obtenu un jugement favorable du tribunal administratif de Montreuil du 23 mai 2022 qui enjoignait au réexamen de sa situation ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors que la préfète du Rhône refuse d'exécuter ce jugement malgré ses relances et qu'il a saisi le tribunal administratif de Montreuil d'un recours en exécution ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un courrier, enregistré le 10 septembre 2024, la préfète du Rhône informe le tribunal qu'un titre de séjour portant la mention " salarié " a été accordé à M. A, valable du 9 septembre 2024 au 8 septembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". En vertu de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. (). ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Rhône d'accélérer le réexamen de sa situation à la suite au jugement n° 2101508 du 23 mai 2022 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.

4. Il résulte de l'instruction que la préfète du Rhône a accordé un titre de séjour à M. A le 9 septembre 2024. Dans ces conditions la préfète du Rhône a procédé au réexamen de sa situation. Eu égard à l'objet du référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions susvisées.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 16 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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