LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407639

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407639

mardi 6 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407639
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a examiné la requête de M. C, ressortissant tunisien, contestant l'arrêté du 30 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Le tribunal a rejeté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, mais a annulé la décision en raison d'une erreur d'appréciation, jugeant la durée de l'interdiction disproportionnée au regard de sa situation personnelle et familiale. Cette solution a été prise en application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. B C, alors maintenu au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'État.

Il soutient que :

- l'auteur de la décision n'avait pas compétence pour édicter cette mesure ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et suivants de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.

Des pièces ont été enregistrées pour la préfète de l'Ain le 1er août 2024.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertolo,

- les observations de Me Lachenaud, représentant M. C qui souligne le caractère disproportionné de la durée de l'interdiction de retour et soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- les observations de Me Iririra Nganga, substituant Me Tomasi, qui conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que la mesure est proportionnée eu égard au fait que M. C représente une menace à l'ordre public et qu'il ne justifie pas de la réalité de ses liens sur le territoire français.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant tunisien né le 4 novembre 1998, a fait l'objet le 8 mars 2024 d'un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. Par un jugement du 17 avril 2024, la magistrate désignée du tribunal a validé la mesure d'éloignement mais a annulé la décision faisant interdiction au requérant le retour sur le territoire français pendant une durée de sept ans. Par un arrêté du 30 juillet 2024 dont le requérant demande l'annulation, la préfète de l'Ain lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

4. En premier lieu, il appartient non à l'autorité administrative de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée, mais au requérant de soulever des moyens assortis de précisions suffisantes permettant au juge d'y statuer. En outre, une délégation de signature ayant une portée réglementaire, elle devient opposable dès sa publication, de sorte qu'une décision ne saurait être illégale au seul motif que l'autorité administrative ne produit pas l'acte autorisant son auteur à la signer. En l'espèce, M. A, signataire de la décision, a reçu délégation à cet effet par arrêté de la préfète de l'Ain du 15 février 2024 régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle l'ensemble des éléments de la situation de M. C, notamment en ce qui concerne sa vie privée et familiale en France et sa durée de présence sur le territoire français, précise qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement dès lors que la législation antérieure à la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 ne le permettait pas, et indique qu'il est très régulièrement impliqué dans des procédures judiciaires et a été condamné plusieurs fois. La préfète de l'Ain ayant fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité, la décision contestée est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.

6. En dernier lieu, M. C s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre le 8 mars 2024. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Si l'intéressé de prévaut de l'ancienneté et de la régularité de son séjour sur le territoire français, il ne justifie pas de telles circonstances humanitaires dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il est en situation irrégulière depuis plusieurs années, qu'il est célibataire et sans charge de famille, et qu'il ne justifie en France ni de son intégration ni de la réalité de ses liens familiaux. Par ailleurs, la préfète de l'Ain était fondée à considérer que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet, entre 2017 et 2023 de huit condamnations pénales, à des peines d'emprisonnement, pour des faits de recel de bien provenant de vol, conduite d'un véhicule sans permis, délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule terrestre, refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, circulation avec un véhicule à moteur sans assurance, vol en réunion, transport, détention offre ou cession et acquisition non autorisés de stupéfiants, vol avec violence et extorsion avec violence ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours aggravé en état de récidive, violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité en état de récidive, évasion d'un détenu bénéficiaire d'une permission de sortir, conduite d'un véhicule sans permis en état de récidive. La dernière condamnation prononcée à son encontre date du 2 août 2022, à une peine d'emprisonnement de six mois débutant le 31 octobre 2023. Dans les circonstances de l'espèce, la préfète de l'Ain n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour en France faite à l'intéressé.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. C doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : M. B C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.

Le magistrat désigné,

C. BertoloLa greffière,

L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions