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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407689

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407689

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407689
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. B C et Mme A C, représentés par la société d'avocats BLT droit public (Me Thiry), demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la commune de Chazelles-sur-Lyon de modifier le projet de travaux publics concernant la rue Caderat afin d'assurer la sécurité publique des piétons et des riverains ;

2°) d'enjoindre à la commune de Chazelles-sur-Lyon de réaliser un aménagement léger devant leur domicile afin de sécuriser l'accès à leur propriété ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Chazelles-sur-Lyon le versement d'une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les travaux d'aménagement de la rue Caderat sont en cours ;

- la mesure demandée est utile dès lors que la disparition du trottoir devant leur propriété va les exposer à un péril quotidien, à chaque sortie de leur domicile ; l'accès à leur compteur d'eau se fera depuis la chaussée ;

- la mesure demandée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, la commune de Chazelles-sur-Lyon, représentée par Me Salen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable, les mesures sollicitées étant générales et imprécises ;

- les mesures demandes sont définitives ;

- à titre subsidiaire, les conditions d'urgences et d'utilité de la mesure demandée ne sont pas remplies et il existe une contestation sérieuse quant au risque allégué ;

- la mesure sollicitée porterait atteinte à la décision administrative d'engager les travaux d'aménagement en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, Mme Vaccaro-Planchet a lu son rapport et entendu les observations de Me Migazzi pour les requérants, qui a repris ses écritures et ajouté que la demande est précise, que les mesures demandées ont un caractère conservatoire et que les travaux sont en cours et non achevés, et celles de Me Salen pour la commune de Chazelles-sur-Lyon, qui a repris ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

2. Le juge des référés peut, pour prévenir ou faire cesser un dommage imputable à des travaux publics ou à un ouvrage public, enjoindre au responsable du dommage de prendre des mesures conservatoires destinées à faire échec ou mettre un terme à des dangers immédiats, en l'absence de contestation sérieuse tant sur l'imputabilité du dommage à ces travaux publics ou l'ouvrage public que sur la faute que commet la personne publique en s'abstenant, hors toute justification par un motif d'intérêt général ou par les droits des tiers, de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets.

3. En l'espèce, par une délibération du 18 juin 2024, le conseil municipal de Chazelles-sur-Lyon a décidé l'aménagement de la voie Caderat. Ainsi, les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné à la commune de modifier le projet de travaux publics concernant la rue Caderat font obstacle à l'exécution d'une décision administrative. En outre, il résulte de l'instruction que le projet consiste en la transformation de la rue en une " zone de rencontre " présentant une vitesse limitée à 20 km/h et en la mise en place d'un espace mode doux pour piétons et vélos, les piétons devant disposer d'une bande " mode doux " de 1,50 mètre d'un côté ainsi que d'un accotement matérialisé de 0,50 mètre, outre le caniveau, du côté de la voie où se situe la propriété des requérants. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que les mesures sollicitées tendraient à prévenir un péril grave. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Chazelles-sur-Lyon, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais liés au litige. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune de Chazelles-sur-Lyon présente au titre des frais liés à la présente instance en référé.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Chazelles-sur-Lyon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et Mme A C et à la commune de Chazelles-sur-Lyon.

Fait à Lyon le 2 septembre 2024.

La juge des référés,La greffière,

V. Vaccaro-PlanchetA. Senoussi

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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