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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407718

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407718

mardi 27 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407718
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP LEGAL BY LAMY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi en référé-suspension par la société d'enseignement professionnel du Rhône (SEPR) contre la décision du 18 juillet 2024 du président de l'université Claude Bernard Lyon I résiliant leurs conventions de partenariat. La SEPR invoquait l'urgence, liée à la rentrée universitaire imminente, et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment pour non-respect du préavis contractuel de trois mois. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que la décision contestée ne constituait pas une résiliation unilatérale d'une convention en cours, mais un non-renouvellement pour la promotion 2024-2026, la promotion 2023-2025 n'étant pas affectée. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence et l'existence d'un doute sérieux n'ont pas été retenues, et la demande de suspension a été refusée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 20 août 2024, la société d'enseignement professionnel du Rhône (SEPR), représentée par Me Midol-Monnet, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer la suspension de la décision du 18 juillet 2024 du président de l'université Claude Bernard Lyon I résiliant les conventions de partenariat liant la SEPR et l'université depuis 2021 et d'ordonner la reprise provisoire des relations contractuelles ;

2°) de condamner l'université Claude Bernard - Lyon I à indemniser la SEPR des frais non compris dans les dépens, qu'elle a dû exposer pour introduire le présent référé sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à lui allouer à ce titre une somme de 5 000 euros.

Elle soutient que :

- L'urgence est établie dès lors que la résiliation remet en cause la possibilité pour la SEPR de délivrer des formations diplômantes dans le domaine de la santé à quelques semaines de la rentrée universitaire 2024, alors même que des contrats d'apprentissage ou de professionnalisation ont d'ores et déjà été conclus par des étudiants intégrant le DEUST, et que cette résiliation emporte pour elle des conséquences financières et sociales non négligeables.

- L'existence d'un doute sérieux quant à la régularité de la décision du 18 juillet 2024 réside dans la violation des dispositions contractuelles encadrant la résiliation du contrat et justifiant sa suspension, et notamment l'article 6 de la convention du 12 septembre 2021 fixant un préavis de trois mois.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, l'université Claude Bernard Lyon I, représentée par Me Bory, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Dord, représentant la société d'enseignement professionnel du Rhône;

- les observations de Me Delmotte, représentant l'université Claude Bernard Lyon 1

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

2. Indépendamment de la condition d'urgence, il incombe au juge des référés, pour déterminer si un moyen est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la validité de la mesure de résiliation litigieuse, d'apprécier si, en l'état de l'instruction, les vices invoqués paraissent d'une gravité suffisante pour conduire à la reprise à titre provisoire des relations contractuelles et non à la seule indemnisation du préjudice résultant, pour le requérant, de la résiliation. Par ailleurs, pour déterminer s'il y a lieu de faire droit à la demande de reprise à titre provisoire des relations contractuelles, il incombe au juge d'apprécier, eu égard à la gravité des vices constatés et, le cas échéant, à celle des manquements du requérant à ses obligations contractuelles, ainsi qu'aux motifs de la résiliation, si une telle reprise n'est pas de nature à porter une atteinte excessive à l'intérêt général. L'exception relative aux décisions de résiliation ne s'étend pas aux décisions de non-renouvellement, qui sont des mesures d'exécution du contrat et qui n'ont ni pour objet, ni pour effet de mettre unilatéralement un terme à une convention en cours.

3. L'université Claude Bernard Lyon I et la société d'enseignement professionnel du Rhône ont conclu le 1er septembre 2021 deux conventions ayant respectivement pour objet

la création d'une unité de formation par apprentissage pour le DEUST de " Préparateur, Technicien en pharmacie " et la gestion des contrats de professionnalisation de formation DEUST de " Préparateur, Technicien en pharmacie ". Chacune des conventions mentionne en leur article 5 que la durée de la convention est de deux ans, ce qui correspond à la formation d'une promotion, soit les années 2021 et 2022 pour les présentes conventions. Chaque convention précise au sein du même article que six mois avant l'échéance de la convention, les parties conviennent de se revoir afin d'étudier les conditions de poursuite du partenariat et de reconduction de la convention. Lesdites conventions ont été reconduites à deux reprises, le 8 février 2023 pour la cohorte 2022-2024, et le 10 juin 2024 pour la cohorte 2023-2025. Par une décision du 18 juillet 2024, le président de l'université Claude Bernard Lyon I a décidé de mettre fin à l'accord de partenariat la liant à la SEPR. Cette décision précise que si la collaboration ne se poursuit pas pour la promotion 2024-2026, la promotion en cours 2023-2025 n'est pas impactée. Cette décision est motivée par l'absence d'accord entre les parties quant à la signature d'une nouvelle convention cadre.

4. Il est constant que, pour les promotions 2022-2024 et 2023-2025, les avenants respectifs des 8 février 2023 et 10 juin 2024 ont été signés alors que l'année scolaire avait débuté dès le mois de septembre. Toutefois, si le dernier avenant du 10 juin 2024 de chaque convention mentionne la reconduction au titre des années universitaires 2023-2025, cette mention se réfère à la promotion 2023-2025 en cours et ne saurait être regardée, contrairement à ce qui est soutenu par la société requérante, comme un engagement au titre d'une nouvelle promotion dont la formation devrait débuter en septembre 2024.

5. Il résulte des termes mêmes des conventions initiales ainsi que des avenants, que la décision du 18 juillet 2024 du président de l'université Claude Bernard Lyon I ne constitue pas une décision de résiliation mais une décision de non renouvellement.

6. Dès lors, les conclusions présentées par la société d'enseignement professionnel du Rhône tendant, à fin de suspension et tendant à ce qu'il soit ordonné la reprise provisoire des relations contractuelles sont irrecevables.

7. Il résulte de ce qui précède que la société d'enseignement professionnel du Rhône n'est pas fondée à demander l'annulation de procédure attaquée. Sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme de 3 000 euros sollicitées en défense au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : la requête de la société d'enseignement professionnel du Rhône est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du l'université Claude Bernard Lyon 1au titre des frais irrépétibles sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société d'enseignement professionnel du Rhône et au président de l'université Claude Bernard Lyon.

Fait à Lyon, le 27 août 2024.

La juge des référés,

D. A

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2407718

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