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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2407826

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2407826

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2407826
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème chambre
Avocat requérantFRERY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. B A, représenté par Me Fréry, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français avant le 15 juillet 2024 et a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois.

Il soutient que :

- la décision portant rejet de sa demande de titre de séjour est insuffisamment motivée ;

- le refus de séjour qui lui est opposé résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des nécessités de la poursuite de sa scolarité et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité du refus de titre qui lui est opposé entache d'illégalité l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 12 juillet 2024.

Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant de la République du Congo né en 2003 et entré en France en 2018, M. A conteste l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français avant le 15 juillet 2024 et a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

3. Traduisant un examen de la situation particulière du requérant, l'arrêté en litige, qui fait notamment état des conditions de son arrivée en France, de son parcours scolaire et universitaire ou du fondement de sa demande de titre de séjour, comporte les éléments de fait et de droit qui donnent son fondement au refus de titre de séjour en litige. Par suite, le moyen tiré par M. A du défaut de motivation de l'arrêté du 3 avril 2024 doit être écarté.

4. Pour rejeter la demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " présentée par M. A, la préfète du Rhône s'est fondée sur la circonstance que celui-ci ne justifiait pas du bénéfice du visa de long séjour requis ni de ressources suffisantes et sur le caractère insatisfaisant de ses résultats obtenus au cours de ses trois premières années d'études supérieures. En se bornant à se prévaloir de la qualité de son parcours qui lui a permis d'obtenir le baccalauréat en 2021 et des difficultés d'ordre familial qu'il a par la suite rencontrées et qui l'ont gêné dans la poursuite de ses études en vue de l'obtention du Brevet de technicien supérieur, le requérant ne conteste pas utilement les motifs de refus qui lui ont ainsi été opposés.

5. A l'appui de sa contestation, M. A fait également valoir l'ancienneté de sa présence et sa bonne intégration en France, où il se trouve depuis 2018. Toutefois, M. A, qui est hébergé chez un tiers, est célibataire et sans charge de famille, ne fait pas état d'attaches particulières en France, ne justifie pas des ressources suffisantes pour pourvoir à ses besoins et ne conteste pas les attaches familiales que la décision en litige lui prête dans son pays d'origine. Dans ces conditions et compte tenu également des motifs et des effets de la décision en litige, le moyen tiré de l'atteinte excessive que le refus de titre de séjour en litige porte à la vie privée et familiale du requérant et de la méconnaissance en conséquence des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Les circonstances qui sont invoquées ne suffisent pas davantage pour considérer que la décision critiquée résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre l'arrêté de la préfète du Rhône du 3 avril 2024 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

Mme Lacroix, première conseillère,

Mme Reniez, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 12 décembre 2024.

Le président, rapporteur,

A. Gille

L'assesseure la plus ancienne,

A. Lacroix

La greffière,

K. Schult

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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