mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407880 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 5 et 6 août 2024, M. C B, alors maintenu au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et suivants de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.
Des pièces ont été enregistrées pour le préfet du Puy-de-Dôme le 7 août 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- les observations de Me Lefevre, représentant M. B, qui soutient que : la décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ; elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ; le préfet du Puy-de-Dôme a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il représentait une menace à l'ordre public ; la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les observations de M. B, assisté de M. A, interprète en langue albanaise, qui fait valoir sa durée de présence en France et son intégration par le travail ;
- les observations de Me Iririra Nganga, substituant Me Tomasi, représentant le préfet du Puy-de-Dôme, qui conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant albanais né le 30 janvier 2002, a fait l'objet le 3 mars 2024 d'un arrêté du préfet du Puy-de-Dôme lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un arrêté du 4 août 2024 dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle l'ensemble des éléments de la situation de M. B, notamment en ce qui concerne sa vie privée et familiale en France et sa durée de présence sur le territoire français, précise qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement, et indique qu'il est défavorablement connu des services de police. Le préfet du Puy-de-Dôme ayant fixé la durée de la prolongation de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité, la décision contestée est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision contestée que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un examen préalable réel et sérieux de la situation de M. B avant d'édicter la mesure contestée. Par suite le moyen tiré du défaut d'examen et l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. B s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre le 3 mars 2024. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Si l'intéressé se prévaut de sa durée de présence sur le territoire français et de son intégration par le travail, ces éléments ne constituent pas des circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il se prévaut également de l'état de santé de sa sœur, qui serait atteinte d'autisme, il ne justifie pas que sa présence à ses côtés serait nécessaire, alors que la mère de M. B et son frère résident également en France, que l'ensemble de la famille est en situation irrégulière et qu'il n'est pas fait état d'éléments sérieux qui empêcheraient une reconstitution de la cellule familiale dans le pays d'origine. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que malgré sa présence en France depuis 2019, il est en situation irrégulière, célibataire et sans charge de famille, et qu'il ne justifie pas en France d'une réelle intégration, exerçant un emploi sans autorisation. Il a par ailleurs fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. L'intéressé est en outre défavorablement connu des services de police pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité commis le 19 mai 2023, pour des faits d'usage illicite de stupéfiants commis le 2 mars 2024, pour des faits de menace de mort réitérée commis le 19 mai 2023 et menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens de l'entourage d'un magistrat ou juré, faits pour lesquels il a été placé en garde à vue le 2 mars 2024. Si M. B soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, dès lors qu'il n'a jamais été condamné, il résulte de l'instruction que le préfet du Puy-de-Dôme aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les autres critères de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet du Puy-de-Dôme n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées en prolongeant de deux ans la durée de l'interdiction de retour en France faite à l'intéressé. Il n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant.
7. En l'absence d'argumentation distincte, le moyen tiré de ce que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. C B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2024.
Le magistrat désigné,
C. BertoloLa greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à au préfet du Puy-de-Dôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026