vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2407972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | NAILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 août 2024, M. A B, alors maintenu au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de cinq ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
- l'auteur de la décision n'avait pas compétence pour édicter cette mesure ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et suivants de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée.
Des pièces ont été enregistrées par la préfète du Rhône les 8 et 9 août 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- les observations de Me Naili, représentant M. B, qui soutient que : les décisions ont été signées par une personne incompétente ; la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ; la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée, la préfète a commis une erreur de droit dès lors qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et revêt un caractère disproportionné ;
- les observations de M. B, assisté de M. F, interprète en langue russe ;
- les observations de Mme C, représentant la préfète du Rhône, qui conclut au rejet de la requête. Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés et que M. B constitue une menace pour l'ordre public, alors qu'il n'a pas respecté la précédente interdiction de retour prise à son encontre.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant moldave né le 3 juin 1982, demande au tribunal d'annuler les décisions du 5 août 2024 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions dans leur ensemble :
3. L'arrêté attaqué est signé par Mme H G, attachée et cheffe du bureau de l'éloignement, qui a reçu délégation de signature à cet effet, par arrêté du 30 janvier 2024 de la préfète du Rhône, régulièrement publié, à l'effet de signer, en cas d'empêchement de Mme D E, directrice des migrations et de l'intégration. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. Pour obliger M. B à quitter le territoire français, la préfète du Rhône a retenu que l'intéressé s'était irrégulièrement maintenu en France après le rejet de sa demande d'asile, qu'il s'était soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement, qu'il n'avait pas respecté l'interdiction de retour d'une durée d'un an prise à son encontre le 30 août 2023, enfin que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. L'intéressé, arrivé récemment en France, n'y démontre aucune insertion ou attache particulière. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
5. Alors que sa demande d'asile a été rejetée le 31 juillet 2024 par l'Ofpra, M. B n'apporte au tribunal aucun élément de nature à établir l'actualité et le caractère personnel des risques qu'il pourrait encourir en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la préfète du Rhône n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale en l'obligeant à rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il serait légalement admissible.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
7. La décision attaquée vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et rappelle l'ensemble des éléments déterminants de la situation de M. B. La préfète du Rhône ayant fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité, la décision contestée est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
8. M. B s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Dès lors, seules des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle à ce que soit prononcée à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Pour édicter la décision contestée, la préfète du Rhône a retenu que l'intéressé n'avait qu'une durée de présence réduite en France, qu'il n'y justifiait pas d'attaches particulières, qu'il avait fait l'objet de deux mesures d'éloignement, enfin qu'il représentait une menace grave et avérée pour l'ordre public. Il ressort à ce titre des pièces du dossier que l'intéressé a été condamné pénalement à plusieurs reprises, qu'il a réitéré des infractions sous l'empire d'un état alcoolique et qu'il s'est introduit par ruse au sein des locaux de la préfecture du Rhône le 16 juillet 2024, son comportement constituant par conséquent une menace pour l'ordre public. Il n'est en outre pas établi que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Dans les circonstances de l'espèce, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour en France faite à l'intéressé.
9. En l'absence d'argumentation distincte et pour les mêmes motifs, la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Naili.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le magistrat désigné,
C. BertoloLe greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026