jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 5ème chambre |
| Avocat requérant | SARL LACHENAUD AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 12 août 2024 et 18 octobre 2024, M. D C, représenté par la Selarl Lachenaud avocat (Me Lachenaud), demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 17 avril 2024 par lequel la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous sept jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- par voie d'exception, la décision est illégale dès lors qu'elle est fondée sur l'obligation de quitter le territoire français qui est entachée d'illégalité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui a produit des pièces enregistrées le 2 octobre 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bour pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bour, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Lachenaud, représentant M. C.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant nigérian né le 14 novembre 1988, déclare être entré irrégulièrement en France et a sollicité l'asile le 4 mai 2023. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 27 septembre 2023, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 9 avril 2024. Par l'arrêté contesté du 17 avril 2024, la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 6 septembre 2024, M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A, directrice adjointe des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, à laquelle la préfète du Rhône a, par arrêté du 21 mars 2024 publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, délégué de façon permanente sa signature, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme B, à l'effet de signer les actes administratifs établis par la direction des migrations et de l'intégration, dont relève la décision en litige. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué que Mme B, directrice, n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté préfectoral doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et mentionne les principaux éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressé sur lesquels la préfète a fondé son appréciation. La circonstance que les éléments relatifs à son état de santé ne soient pas mentionnés ne constituent pas un défaut de motivation ni ne révèle un défaut d'examen particulier de sa situation. Ces moyens doivent, par conséquent, être écartés.
5. En troisième lieu, M. C soutient que la mesure d'éloignement contestée est entachée d'une violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, par absence de prise en compte de son état de santé et des soins qu'il nécessite en France dont la privation aurait le caractère de traitements inhumains ou dégradants au sens de ces stipulations. Toutefois, par les pièces médicales qu'il produit, le requérant établit seulement qu'il souffre de troubles psychiatriques ayant nécessité quelques consultations spécialisées du psychotraumatisme à l'hôpital Edouard Herriot, sans préciser la teneur du traitement notamment médicamenteux qui lui serait indispensable, ni les conséquences qu'emporterait le défaut d'un tel traitement. S'il a été hospitalisé pour des idées suicidaires du 18 mai au 3 juin 2024, soit postérieurement à la décision attaquée, il ressort aussi du certificat médical établi à sa sortie d'hospitalisation qu'il paraissait stabilisé à cette date. Les autres pièces médicales qu'il produit, la plupart étant au demeurant postérieures à la décision attaquée, n'établissent pas davantage la gravité de son état de santé, la teneur de l'éventuel traitement médical lié et les conséquences d'un éventuel défaut de ce traitement ou suivi. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Il résulte de ces stipulations qu'il appartient à l'autorité administrative chargée de prendre la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger obligé de quitter le territoire de s'assurer, sous le contrôle du juge, que les mesures qu'elle prend n'exposent pas l'étranger à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 précité.
8. En l'espèce, si M. C soutient craindre pour sa vie, les autorités nigérianes étant à sa recherche depuis 2017 en raison de son adhésion au mouvement IPOB, il n'apporte aucun élément probant et suffisamment crédible au soutien de ses allégations, les menaces téléphoniques qu'il prétend avoir reçues étant particulièrement dénuées de tout caractère probant, eu égard à leur formulation notamment. Alors au demeurant que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la CNDA, y compris en réexamen, il n'établit pas qu'il encourrait des risques personnels et réels en cas de retour dans son pays. Au surplus, et alors qu'il a été dit au point 5 qu'il n'établissait ni la gravité de son état de santé, ni la teneur du traitement médical qui lui serait nécessaire, il n'établit pas non plus qu'un tel traitement ne serait pas disponible dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention précitée doit, par conséquent, être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation de la requête, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent, par conséquent, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au bénéfice de son conseil au titre des frais de l'instance.
.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Lachenaud et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La magistrate désignée,
A-S. BourLa greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026