jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ADJA OKE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 août 2024, Mme B E A C, représentée par Me Adja Oke, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 30 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français avant le 15 juillet 2024 et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire au séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- le refus de titre de séjour litigieux n'est pas suffisamment motivé ;
- la préfète a entaché cette décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiante, la préfète a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par une ordonnance du 9 décembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 décembre 2024.
La préfète du Rhône a produit des pièces et un mémoire, les 2 et 14 janvier 2025, après la clôture d'instruction, qui n'ont pas été communiqués.
Mme A C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Chenevey, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante gabonaise née le 26 janvier 2006, est entrée en France le 2 avril 2022 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 29 avril 2024, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par des décisions du 30 mai 2024 dont elle demande l'annulation, la préfète du Rhône a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français avant le 15 juillet 2024 et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office.
2. En premier lieu, le refus de titre de séjour en litige cite l'article 9 de la convention franco-gabonaise, applicable en l'espèce, et indique, avec une précision suffisante, les raisons pour lesquelles la préfète du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A C en application des stipulations de cet article. Cette décision, qui n'avait pas à mentionner toutes les particularités du parcours scolaire de l'intéressée, est ainsi suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes du refus de titre de séjour contesté ni des autres pièces du dossier que la préfète du Rhône aurait négligé de procéder, comme il lui incombe de le faire, à un examen particulier de l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de Mme A C, s'agissant en particulier de sa scolarité en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut être accueilli.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er de la convention franco-gabonaise : " () les ressortissants gabonais désireux de se rendre sur le territoire français doivent être en possession d'un passeport en cours de validité revêtu du visa de court ou de long séjour requis par la législation de l'Etat d'accueil () ". Aux termes de l'article 4 de cette même convention : " Pour un séjour de plus de trois mois, () les ressortissants gabonais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis () des pièces mentionnées à l'article 1er ci-dessus et notamment du visa de long séjour () ". Aux termes de l'article 9 de cette convention : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / () ".
5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme A C en application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-gabonaise, la préfète du Rhône s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressée ne justifie pas être en possession d'un visa de long séjour. La requérante, qui ne conteste pas ce motif, ne peut utilement invoquer la qualité de son parcours scolaire depuis son arrivée sur le territoire français, cette question étant sans rapport avec le motif sur lequel la préfète s'est ainsi fondée.
6. A supposer que la requérante puisse être regardée comme ayant ainsi entendu se prévaloir de l'erreur manifeste commise par la préfète du Rhône en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation, elle ne justifie que d'une faible durée de présence en France, d'environ deux ans à la date du refus de titre de séjour contesté, et n'établit pas la réalité de liens personnel ou familial sur le territoire français. Ainsi, même si l'intéressée a obtenu de très bons résultats scolaires depuis son arrivée en France, la préfète n'a pas commis une telle erreur en refusant de l'admettre au séjour.
7. En quatrième lieu, la requérante n'ayant pas démontré l'illégalité du refus titre de séjour, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus ne peut être accueilli.
8. En dernier lieu, dès lors que Mme A C n'établit pas que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont entachés d'illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions, soulevé à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, doit être écarté.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
10. L'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par le conseil de la requérante au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi visée ci-dessus du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E A C et à la préfète du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Adja Oke.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président rapporteur,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le président,
J-P. Chenevey
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
M. D
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026