mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2024, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions du 15 août 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, l'a interdit de retour pendant 3 ans et l'a assigné à résidence.
Il doit être regardé comme soutenant que les décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relatives à des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et aux décisions accompagnant ces mesures.
Vu :
- la désignation d'office de Me Vernet,
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Vernet, pour le requérant, qui conclut aux mêmes fins que la requête en soutenant les mêmes moyens, et en soulevant trois moyens nouveaux qui sont tirés l'absence d'examen particulier, l'insuffisance de motivation et l'erreur d'appréciation quant à l'existence d'une menace à l'ordre public ;
- et les observations de M. B qui précise en particulier que sa compagne a dénié les allégations de viols qui sont en réalité formulées par la mère de celle-ci, que les services de la préfecture ont détruit son permis de conduire camerounais, qu'il voit régulièrement sa fille par l'intermédiaire de sa mère et lui fait parvenir sa contribution, et que son autre enfant réside au Cameroun.
La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant camerounais né en 1990, déclare être entré en France le 27 septembre 2014. A la suite du rejet de sa demande d'asile par les autorités compétentes, il a fait l'objet, le 19 janvier 2017, d'une décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours prononcées par le préfet du Rhône. Le 5 novembre 2019, la même autorité lui a de nouveau refusé la délivrance d'un titre de séjour présenté en qualité d'étranger malade, et l'a obligé à quitter le territoire dans le même délai. Par décisions du 15 août 2024 dont il demande l'annulation, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire sans délai, en fixant le pays de destination, l'a interdit de retour en France pendant 3 ans et l'a assigné à résidence en vue de l'exécution de son éloignement.
2. En se bornant à relever, d'une part, des signalements au fichier des empreintes digitales et une interpellation pour des faits de viols qui seraient survenus la veille des décisions en litige sans produire aucune pièce permettant d'apprécier la matérialité d'un comportement de nature à réellement troubler l'ordre public, laquelle est fermement contestée par M. B, et d'autre part, que l'intéressé " allègue être le père de deux enfants () sans autre précision, sans justifier qu'il entretiendrait des relations avec eux, sans même démontrer qu'il participerait à leur éducation " alors qu'il s'avère qu'il établit être le père d'une enfant résidant en France ayant fait l'objet d'une fausse reconnaissance de paternité par un tiers qu'il a fait annulée par un jugement rendu le 30 novembre 2022 par le Tribunal judiciaire de Lyon, qu'il a reconnu ensuite le 17 janvier 2024 et qu'il côtoie régulièrement malgré les difficultés relationnelles avec la mère de celle-ci, l'autorité compétente ne peut être regardée, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme ayant réellement procédé à un examen de la situation du requérant préalablement à l'édiction des décisions prises alors qu'il faisait l'objet d'une mesure privative de liberté.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 15 août 2024 l'obligeant à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquences, celles subséquentes lui refusant un délai de départ volontaire, lui interdisant le retour en France pendant 3 ans et l'astreignant à résidence.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 15 août 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de destination et interdit le retour pendant 3 ans, ensemble l'assignation à résidence du même jour, sont annulées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la préfète du Rhône.
Copie en sera adressée à Me Vernet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
R. Reymond-Kellal
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026