mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | VIBOUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 27 août et le 4 septembre 2024, M. D C, représenté par Me Vibourel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 611-1, 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement, dès lors qu'il peut se voir délivrer un titre de séjour de plein droit ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires enregistrées, le 28 août et les 3 et 4 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés ;
- s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, elle sollicite une substitution de base légale, cette décision pouvant être fondée sur les dispositions de l'article L. 611-1, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- s'agissant de la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire, elle sollicite une substitution de base légale, cette décision pouvant être fondée sur les dispositions de l'article L. 612-3, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Leravat pour statuer au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Au cours de l'audience publique, Mme Leravat, magistrate désignée, a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Messaoud, substituant Me Vibourel avocate commis d'office de M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient, en outre que :
* S'agissant de la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de fait quant à la menace à l'ordre public et à l'absence de garanties de représentation suffisantes.
* S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- la durée est disproportionnée compte-tenu de la vie privée et familiale de son client et de la présence de son enfant.
* S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- elle est illégale dès lors que son client réside dans le département de l'Isère chez ses parents.
- les observations de M. C, assisté de M. F, interprète en langue arabe ;
- et les observations de Mmes B et Larbi, représentant la préfète du Rhône, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense et soutiennent, en outre, s'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence, que la préfète n'a pris connaissance du lieu de résidence de M. C que postérieurement à l'édiction de cet arrêté.
Une note en délibéré présentée pour M. C a été enregistrée le 5 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 31 août 1996, est entré régulièrement en France le 7 mai 2024. Par un arrêté du 24 août 2024, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Par un arrêté du même jour, la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. C demande au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la demande d'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, si M. C fait valoir que la circonstance qu'il est père d'un enfant de sept mois né en France n'a pas été prise en compte par la préfète du Rhône dans l'arrêté en litige, il ressort des termes de ce dernier que la préfète a relevé que " la présente mesure d'éloignement ne fait nullement obstacle à la poursuite de la relation paternelle dans le pays d'origine de l'intéressé ". Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète n'a pas procédé à un examen sérieux préalablement à l'édiction de la décision attaquée. Enfin, la circonstance que l'arrêté ne vise pas l'accord franco-algérien est sans incidence sur sa légalité. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète du Rhône a fondé l'obligation de quitter le territoire français sur les dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été interpelé et placé en garde à vue, le 22 août 2024, pour des faits de violences conjugales habituelles sur sa conjointe, ressortissante française, ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, en l'espèce, dix jours, faits pour lesquels M. C fait par ailleurs l'objet d'une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône en date du 24 août 2024. Il ressort toujours des pièces du dossier que M. C a commis des faits similaires en Algérie, courant mars 2023. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de procéder à la substitution de base légale sollicitée en défense, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit en se fondant sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en caractérisant le comportement de M. C de menace pour l'ordre public, nonobstant la circonstance que le requérant n'a pas fait l'objet d'une condamnation.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ".
8. En l'espèce, M. C se prévaut de sa qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il ressort du livret de famille du requérant, produit et communiqué lors de l'audience publique, que le mariage entre M. C et Mme A E, ressortissante française, a été célébré le 28 novembre 2022 à Mostaganem (Algérie) et a fait l'objet d'une transcription sur les registres de l'état civil français le 7 février 2024. Toutefois, les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Or, ainsi qu'il a été dit au point 6, le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la circonstance qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article précitées de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié fait obstacle à la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. "
10. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. Si M. C se prévaut de sa vie privée et familiale en France en raison de la présence de son fils de sept mois, il n'établit par aucun élément probant contribuer effectivement à l'éducation et à l'entretien de son fils mineur. Par ailleurs, il ressort du dossier que M. C fait l'objet d'une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône en date du 24 août 2024, laquelle prévoit que M. C ne peut entrer en contact avec sa compagne, victime des faits, de laquelle le requérant a indiqué, dans son mémoire introductif ainsi qu'à l'audience publique, vouloir divorcer. Enfin, M. C est sans profession et la seule circonstance que ses parents, chez lesquels il réside à Grenoble, soient présents sur le territoire français, n'est pas de nature à démontrer une vie privée et familiale d'une particulière intensité ou stabilité. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et méconnaîtrait, ainsi, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles précitées du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant refus de lui octroyer un délai de départ volontaire.
13. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
14. M. C fait valoir, au cours de l'audience publique, qu'il est soumis à un contrôle judiciaire avec une obligation de pointage une fois par semaine au commissariat de Grenoble, qu'il présente ainsi des garanties de représentation suffisantes et que la préfète du Rhône ne pouvait se fonder sur le 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée que la préfète du Rhône a également retenu la circonstance que M. C représente une menace pour l'ordre public et que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète a commis une erreur d'appréciation sur ce point, ainsi qu'il a été analysé précédemment. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de procéder à la substitution de base légale sollicitée en défense, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à invoquer l'illégalité de la décision portant refus de lui octroyer un délai de départ volontaire à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
17. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C, qui a fait l'objet d'une ordonnance de placement sous contrôle judiciaire faisant obstacle à ce qu'il entre en contact avec sa conjointe de nationalité française, dont il a déclaré, au demeurant, vouloir divorcer, n'établit par aucun élément probant contribuer à l'éducation et à l'entretien de son fils mineur de nationalité française. Par ailleurs, sa présence sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, en prononçant à son encontre une interdiction sur le territoire français d'une durée de six mois, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation, ni porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
18. Il ressort des pièces du dossier que M. C ne réside plus dans le département du Rhône mais à Grenoble, dans le département de l'Isère, où il est soumis à une obligation de pointage hebdomadaire en application de l'ordonnance de placement sous contrôle judiciaire du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône du 24 août 2024, dont la préfète du Rhône fait valoir, lors de l'audience publique, qu'elle n'a eu connaissance que postérieurement à l'édiction de l'arrêté en litige. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l'assignation à résidence dans le département du Rhône est entachée d'illégalité.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de l'assignation à résidence dans le Rhône. Cette annulation ne permet pas de regarder l'État comme étant partie perdante pour l'essentiel dans l'instance. Par suite, les conclusions tendant à l'application de l'article 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 24 août 2024 par lequel la préfète du Rhône a assigné à résidence M. C pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Rhône est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. LERAVAT
Le greffier,
T. CLEMENT
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026