mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 août et 21 octobre 2024, M. D A, représenté par Me Cadoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 24 juin 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous le même délai et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- la préfète n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il a été admis en deuxième année de BTS contrairement aux termes de la décision attaquée ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de l'article 9 de la convention franco-congolaise ;
- les conditions du renouvellement de la carte de séjour " étudiant " sont définies par la circulaire du 7 octobre 2008 relative aux étudiants étrangers ;
- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- la préfète a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de séjour et de la mesure d'éloignement.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 octobre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant congolais, né le 12 juin 1996, est entré en France, le 24 septembre 2021, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " afin de poursuivre des études supérieures. Il a obtenu des titres de séjour " étudiant " régulièrement renouvelés jusqu'au 9 décembre 2023. Le requérant a sollicité, le 3 janvier 2024, le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par des décisions du 24 juin 2024, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination. Par une ordonnance n° 2408539, du 29 août 2024, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Lyon a rejeté le référé-suspension présenté à l'encontre de ces décisions. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des décisions du 24 juin 2024 précitées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme B C, attachée principale, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, qui disposait à cet effet d'une délégation, en vertu d'un arrêté préfectoral portant délégation de signature aux agents de la préfecture du 15 mai 2024, publié le 16 mai 2024 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures () sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour (), justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi () ainsi que () de moyens d'existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études () et de la possession de moyens d'existence suffisants ".
5. Pour l'application des stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études effectivement poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
6. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour dont bénéficiait M. A en raison du défaut de caractère réel et sérieux de ses études. Pour apprécier ce caractère réel et sérieux, l'autorité administrative a pu tenir compte d'une part, de l'absence d'obtention d'un diplôme à l'issue de trois années d'études et d'autre part, d'une régression dans le cursus de l'intéressé compte tenu de son inscription en première année de BTS Gestion des transports et logistique associée en alternance au titre de l'année 2023/2024 alors qu'il était inscrit en deuxième année de licence Mathématique, pour l'année universitaire 2021/2022, lors de son arrivée en France. Dans ces conditions, et alors même que le requérant aurait été admis en deuxième année de BTS, la préfète du Rhône a pu, sans erreur d'appréciation, considérer que M. A ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études, pour refuser de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, elle n'a pas méconnu les stipulations de l'article 9 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo.
7. En quatrième lieu, la préfète du Rhône s'étant bornée, conformément à l'objet de la demande dont elle était saisie, à rejeter la demande de titre de séjour en qualité d'étudiant de l'intéressé, sans examiner d'office d'autres fondements pouvant justifier la délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de ce que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues par le refus de titre de séjour est inopérant.
8. En cinquième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire ministérielle du 7 octobre 2008 relative à l'appréciation du caractère réel et sérieux des études des étudiants étrangers, qui n'a pas de valeur règlementaire.
9. En dernier lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors que la préfète du Rhône a indiqué, à tort, qu'il n'avait pas réussi sa première année de BTS alors qu'il a été admis en deuxième année. Toutefois, cette erreur est sans incidence sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'il ressort des termes mêmes de cette dernière ainsi que du mémoire en défense de la préfète du Rhône, que l'autorité administrative aurait pris la même décision si elle ne l'avait pas commise.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour n'étant établie, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre.
11. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () "
12. M. A célibataire et sans enfant, est entré en France, le 24 septembre 2021. Il n'établit pas être isolé dans son pays d'origine, où il a vécu pendant la majorité de son existence. Par ailleurs, il ne justifie pas d'une insertion particulière sur le territoire national. Enfin, s'il se prévaut d'une relation avec une ressortissante française, le requérant ne démontre pas le caractère ancien et stable de cette relation. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, en particulier de la durée et des conditions de séjour en France de M. A, la préfète du Rhône, qui n'a pas porté atteinte au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision désignant le pays de renvoi :
13. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, la décision désignant le pays de renvoi ne saurait faire l'objet d'une annulation par voie de conséquence.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience le 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
N. BardadLe président,
J. Segado
La greffière,
E. Seytre
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026