jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2024, M. A B, représenté par Me Laroudie, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 juillet 2024 par laquelle le maire de Trévoux a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de dix mois, dont cinq avec sursis ;
2°) d'enjoindre à la commune de Trévoux de le réintégrer dans ses fonctions dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Trévoux la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige car il ne perçoit qu'une pension de retraite de militaire, qui ne lui permet pas de faire face à ses charges financières ; il a la charge de deux enfants porteurs de handicap et doit lui-même payer des soins qui lui sont indispensables, et qui ne sont plus pris en charge du fait de la mesure en litige, bien qu'ils font suite à un accident de travail ; notamment, il ne pourra, comme prévu, se faire opérer en octobre prochain, ces frais n'étant pas non plus couverts par la sécurité sociale ; il n'est pas non plus apte à travailler sur un autre emploi ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* la commune a attendu plusieurs mois après les faits pour enclencher une procédure disciplinaire, ce qui entache manifestement la procédure de nullité ;
* la matérialité des faits n'est pas établie ; s'agissant des altercations verbales, les propos ont été tenus à l'égard d'une seule personne, qui s'était montrée préalablement agressive à son égard, et sans que ses propos aient été outranciers ou déplacés, et sans non plus que cela ait eu une incidence négative sur le bon fonctionnement du service ; il n'est pas établi qu'il se serait introduit au centre technique municipal pour des motifs non professionnels, alors en outre que la pratique consistant, pour les employés municipaux, à déposer occasionnellement des détritus était tolérée ; le grief tiré du refus d'obéissance hiérarchique n'est pas établi ;
* la sanction est manifestement disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2024, la commune de Trévoux, représentée par la Selarl Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; M. B ne se trouve pas privé de toutes ressources, dès lors qu'il perçoit une pension militaire de 1 290,03 euros nets par mois, des revenus locatifs de 416 euros par mois, ainsi que des allocations versées par la CAF, d'environ 1 100 euros, et une pension alimentaire de 150 euros, sans compter les revenus de sa compagne ; il ne justifie pas de ses charges et il y a lieu de tenir compte du fait que les effets de la sanction ne doivent encore durer que trois mois ; il n'est pas justifié qu'il devait subir une opération le 14 octobre prochain, qui ne serait pas prise en charge, ni que ses arrêts maladie au titre de son accident de travail devaient être prolongés ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2408587 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 9 juillet 2024 en litige.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Ferranda, substituant Me Laroudie, pour M. B, qui a repris ses conclusions et moyens ; elle a soutenu en outre qu'il ne pouvait être tenu compte ses revenus de la compagne de M. B, qui ne vit pas avec lui ;
- M. B, qui a précisé notamment qu'il convenait de tenir compte du fait que les propos tenus à l'encontre de Mme C l'avaient été dans un contexte de harcèlement et, s'agissant des propos tenus en présence du maire, qu'il convenait de tenir compte du fait qu'il prenait des médicaments, qui ont pu altérer son discernement et que ses propos et son comportement ont dû être mal interprétés :
- Me Callot, pour la commune de Trévoux, qui a repris les conclusions et moyens de la commune.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 juillet 2024, le maire de Trévoux a infligé à M. B, qui dirige le service de la police municipale de la commune, la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de dix mois, dont cinq avec sursis. M. B demande au juge des référés la suspension de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par le requérant à l'encontre de la décision attaquée n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente la commune de Trévoux en application des mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Trévoux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Trévoux.
Fait à Lyon, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026