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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2408595

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408595

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408595
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP COUDERC ZOUINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 août 2024 et le 19 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Zouine, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de la convoquer en préfecture dans un délai de quarante-huit heures et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous les mêmes conditions d'astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'ordonnance du juge des référés du 25 juillet 2024 n'a toujours pas été exécutée ; malgré sa demande du 22 août 2024, la préfète du Rhône ne lui a pas remis d'autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

- ces difficultés d'exécution constituent un élément nouveau qui justifie la modification des mesures prononcées par l'ordonnance du 25 juillet 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que Mme B est convoquée le 20 septembre 2024 en préfecture aux fins de dépôt de son dossier et remise d'une autorisation provisoire de séjour assortie d'un droit au travail.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon n° 2406621 du 25 juillet 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu les observations de :

- Me Lulé, substituant Me Zouine, représentant Mme B, qui reprend les conclusions et moyens développés dans ses écritures.

La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ". Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.

2. Par une ordonnance n° 2406621 du 5 juillet 2024, le juge des référés du tribunal a, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 et L. 911-1 du code de justice administrative, enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures qu'il a ordonnées le 25 juillet 2024 pour assurer l'exécution de son ordonnance.

3. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, l'injonction faite à la préfète du Rhône n'a pas été exécutée. Si la préfète du Rhône fait valoir en défense qu'elle a convoqué Mme B à un rendez-vous le 20 septembre 2024, un tel élément ne permet pas de considérer que l'injonction prononcée par ordonnance n° 2406621 du 5 juillet 2024 aurait été exécutée et que la présente requête aurait perdu son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Rhône ne peut qu'être écartée.

4. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à ce qui vient d'être dit, il y a lieu de modifier la mesure prononcée à l'article 2 de l'ordonnance du 25 juillet 2024 en assortissant l'injonction faite à la préfète du Rhône de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à l'issue d'un nouveau délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance, et d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux autres conclusions en injonction présentées par Mme B.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : L'injonction faite à la préfète du Rhône dans l'ordonnance

n° 2406621 du 25 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lyon de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à l'issue d'un nouveau délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance ainsi que d'une injonction de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l'ordonnance n° 2406621 du 5 juillet 2024, ainsi que la présente ordonnance.

Article 3 : L'État versera à Mme B la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 19 septembre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

C. Bertolo L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2408595

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