mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408680 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | NAILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2024, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 1er et 3 janvier 2025, Monsieur C A, représenté par Me Naili, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du Préfet de la Vendée du 12 juin 2024 portant refus de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, fixant le pays de destination ainsi que l'astreignant à se présenter en préfecture pour indiquer ses diligences dans la préparation de son départ ;
3°) d'enjoindre au Préfet de la Vendée :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre séjour ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision portant astreinte à se présenter en préfecture :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
Par un mémoire en défense enregistré le 26 décembre 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, que la requête n° 2408680 est irrecevable car elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête dirigés contre l'arrêté du 12 juin 2024 sont infondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 12 décembre 2024.
Par une ordonnance du 6 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 7 janvier 2025 à 9h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Duca a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 1er janvier 1999, de nationalité tchadienne, est entré en France le 6 novembre 2020, muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valide pour la période du 1er octobre 2020 au 19 octobre 2021. Une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " et valable du 1er octobre 2021 au 31 décembre 2022 a ensuite été délivrée à M. A par les services de la préfecture du Rhône. Le 4 novembre 2022, l'intéressé a déposé une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant auprès de la préfecture du Rhône et une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée le 26 décembre 2022 puis renouvelée à plusieurs reprises jusqu'au 13 août 2024. Le 28 janvier 2024, M. A a déposé auprès de la préfecture de la Vendée une demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire sous l'identité de M. D B, de nationalité soudanaise, né le 27 septembre 2004. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juin 2024 par lequel le préfet de la Vendée a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et l'a invité à se présenter à la préfecture de Vendée pour indiquer ses diligences dans la préparation de son départ.
Sur les conclusions relatives à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 12 décembre 2024, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. A, il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
3. Pour refuser de délivrer le titre sollicité par le requérant en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, le préfet de la Vendée s'est fondé sur l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en relevant que M. A a délibérément usurpé l'identité de M. B afin d'obtenir un titre de séjour, et que ces faits l'exposent à la condamnation prévue par l'article L. 441-1 du code pénal.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : () / 2° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ; () ".
5. Il est constant que M. A a utilisé frauduleusement l'identité de M. B, ressortissant soudanais bénéficiaire de la protection subsidiaire, et que cette usurpation d'identité a été révélée lors d'une prise d'empreintes effectuée le 8 mars 2024 par les services de la préfecture de la Vendée dans le cadre de l'instruction de sa demande. Contrairement à ce que soutient M. A, le préfet de la Vendée l'a valablement mis à même de faire valoir ses observations en lui adressant un courrier en date du 25 mars 2024 à l'adresse que celui-ci avait indiquée à l'appui de sa demande de titre.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. "
7. Il n'est pas contesté que M. A a sollicité, sous une fausse identité, auprès des services de la préfecture de la Vendée, un titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Vendée a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Vendée et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Duca, première conseillère,
Mme Viallet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 janvier 2025.
La rapporteure,
A. Duca Le président,
M. Clément
La greffière,
A. Calmès
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée et à la préfète du Rhône en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026