lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408748 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | ANDUJAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. A B, représenté par Me Andujar, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juillet 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au nouvel examen de sa situation dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article L. 551-16, dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration devait prendre en compte les motifs pour lesquels il était empêché de se rendre à ses entretiens ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a respecté l'ensemble de ses précédentes convocations, que son comportement est exemplaire et qu'il n'a pas pu se rendre à certains entretiens pour des raisons médicales impérieuses ; cette décision compromet gravement son bien-être et sa santé, sans prendre en compte son état de vulnérabilité.
Par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme Le Roux, conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions qui refusent, totalement ou partiellement, au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Le Roux a été entendu au cours de l'audience publique.
M. B et l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étaient ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 28 décembre 1995, s'est présenté au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Rhône le 8 février 2024 pour solliciter son admission au séjour au titre de l'asile et a été placé en procédure dite " Dublin ". Le même jour, il a signé l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par un courrier du 5 juillet 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a informé l'intéressé de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités de l'asile et l'a invité à faire valoir ses observations dans un délai de quinze jours. Par une décision du 25 juillet 2024, dont le requérant demande l'annulation, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
2. Selon les termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III. ". Toutefois, aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
3. En l'espèce, il est constant que M. B ne s'est pas présenté au pôle régional Dublin le 9 avril 2024 et le 7 mai 2024, et a ainsi méconnu son obligation de présentation dans le cadre de sa procédure Dublin. Si l'intéressé se prévaut d'un certificat médical en date du 11 juillet 2024, établi à sa propre demande, mentionnant que son état de santé l'a rendu indisponible à sept reprises, les dates ainsi mentionnées sur ce certificat ne correspondent pas aux dates de ses convocations manquées. En tout état de cause, la seule production de ce certificat médical, rédigé en des termes succincts et imprécis, ne saurait suffire à établir un motif légitime d'absence de présentation à ces entretiens et ne permet pas non plus de caractériser une vulnérabilité particulière du requérant au sens des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne soutient en outre pas avoir informé préalablement les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de ses indisponibilités, ni de son état de santé, alors qu'il ressort de l'avis du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 26 mars 2024 qu'il n'avait noté aucun commentaire particulier concernant son état de santé. Enfin, s'il fait état des conséquences dramatiques de la décision attaquée au regard de la précarité de sa situation, il n'apporte aucun élément permettant d'apprécier la réalité de cette situation. Par suite, d'une part, M. B n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur de droit en ne prenant pas en compte les raisons qu'il avançait pour ne pas avoir pu se présenter à ses convocations, lesquelles ne sont pas fondées. D'autre part, M. B, qui ne justifie pas d'un motif légitimant ses absences de présentation à ses convocations dans la cadre de sa procédure Dublin, ni d'un état de vulnérabilité particulier faisant obstacle à la cessation de ses conditions matérielles d'accueil, n'est pas fondé à soutenir qu'en mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et concernant les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée à Me Andujar.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
La magistrate désignée,
J. Le Roux
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026