mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | CADOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2024, M. B A C, représenté par Me Cadoux, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler d'une part, la décision du 20 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et d'autre part, l'arrêté du 30 août 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours renouvelable deux fois ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui restituer son passeport dans les plus brefs délais.
Il soutient que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur le territoire français sont disproportionnées compte tenu des faits qui lui sont reprochés ;
- il entend régulariser sa situation et déposer une demande de titre de séjour en qualité de salarié ;
- la détention de son passeport est illégale dès lors qu'il est demandeur d'asile algérien ;
- la rétention des documents administratifs méconnaît l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré, le 11 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 20 avril 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois sont irrecevables compte tenu de leur tardiveté ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les observations de Me Cadoux, avocate de M. A C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise que M. A C travaille en France ; que l'arrêté portant assignation à résidence a révélé la mesure d'éloignement prise à son encontre ; que la préfète du Rhône devait examiner si la situation du requérant a évolué depuis la décision portant obligation de quitter le territoire français et que l'assignation à résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant algérien né le 17 octobre 1994, demande l'annulation de la décision du 20 avril 2023 par laquelle la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et d'autre part, l'arrêté du 30 août 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a assigné à résidence dans le département du Rhône pour une durée de 45 jours renouvelable deux fois.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète du Rhône :
3. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 15 juillet 2024 : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. / () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois en litige pouvait être contestée, à la date à laquelle elle a été prise, le 20 avril 2023, dans le délai de quarante-huit heures, prévu par les dispositions rappelées au point 3 du présent jugement. Il ressort des pièces du dossier que cette décision a été notifiée à M. A C le 20 avril 2023 à 15 heures et que cette notification comportait la mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, la demande de M. A C enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lyon le 4 septembre 2024, après l'expiration du délai de recours contentieux de quarante-huit heures, est tardive et donc irrecevable. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement aurait été révélée par l'assignation à résidence du 30 août 2024.
5. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que la préfète du Rhône a opposé une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions aux fins d'annulation de la décision du 20 avril 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
7. Si M. A C soutient que la préfète du Rhône devait, pour l'assigner à résidence, examiner si sa situation avait évolué depuis la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité administrative n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. En outre, le requérant n'apporte aucun élément attestant de l'évolution de sa situation depuis l'édiction de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, le 20 avril 2023. Par ailleurs, il ne ressort également pas des pièces du dossier que l'éloignement de l'intéressé ne demeurait pas, à la date de l'assignation à résidence du 30 août 2024, une perspective raisonnable. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'autorité administrative aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen ni davantage d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux demandeurs d'asile dès lors qu'il ne justifie pas d'une telle qualité.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 733-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 733-3 du même code : " Lorsque l'autorité administrative prescrit à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document d'identité ou de voyage en sa possession, en application de l'article L. 733-4, elle lui remet en échange un récépissé valant justification d'identité. ". Aux termes de l'article L. 814-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente, les services de police et les unités de gendarmerie sont habilités à retenir le passeport ou le document de voyage des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière. / Ils leur remettent en échange un récépissé valant justification de leur identité et sur lequel sont mentionnées la date de retenue et les modalités de restitution du document retenu. ".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prescrivant la remise du passeport du requérant, l'autorité administrative ait entaché sa décision d'erreur de droit ou méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. A C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la la requête de M. A C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La magistrate désignée,
N. BARDAD
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026