mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL COUPE - PEYRONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, l'association " le rayon vert " et M. B A, représentés par Me Paul, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision tacite en date du 26 novembre 2023 par laquelle le maire de Nozières ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société ATC France pour la construction d'une antenne relais ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nozières la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête au fond est recevable :
* s'agissant des délais, le panneau d'affichage de l'autorisation, placé le long d'un chemin non entretenu emprunté seulement par des promeneurs et un exploitant agricole, n'était pas visible depuis la voie publique, de sorte que le délai de recours contentieux n'a pu commencer à courir ; par ailleurs, aucun affichage n'a été effectué en mairie, contrairement à ce que prévoient les dispositions de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme ;
* tant l'association, au regard de son objet statutaire, que M. A, qui habite à 150 mètres du projet, sur un terrain depuis lequel l'antenne-relais projetée sera visible, ont intérêt pour agir ;
- la condition d'urgence est remplie ; en effet, cette urgence est en l'espèce présumée, et la décision préjudice gravement aux intérêts et à la situation des requérants ; par ailleurs, le risque de préjudice est immédiat puisque les travaux ont démarré le 3 septembre dernier ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* le projet était soumis à permis de construire et non à déclaration préalable, au regard des dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ; en effet, l'emprise au sol est de 27,06 m2 et la hauteur du pylône de 24 mètres ;
* le dossier de déclaration préalable est insuffisant, puisque le tableau portant sur les destinations et sous-destinations des constructions pour les projets situés dans les communes couvertes par une carte communale n'est pas rempli ;
* la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des télécommunications ; la commune de Nozières n'étant plus en zone blanche, il n'y avait plus d'intérêt particulier à construire une antenne-relais sur son territoire, alors que l'antenne projetée se situe à seulement deux kilomètres d'une antenne existante ;
* la décision viole le principe de précaution posé à l'article 5 de la Charte de l'environnement ;
* la décision méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, au regard des risques pour la santé des habitants résidant à proximité, l'article R. 111-3 de ce code dès lors qu'il doit engendrer des nuisances sonores importantes, l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en raison de l'atteinte portée au paysage naturel.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2024, la société ATC France, représentée par la Selarl Coupé Peyronne et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, la demande au fond étant tardive ; le panneau d'affichage est implanté depuis le 11 décembre 2023 le long du chemin de la Blâche, qui est la voie publique et ouverte au public desservant la parcelle ; les mentions du panneau sont aisément visibles, ainsi qu'il ressort des constatations effectuées par le commissaire de justice ;
- la requête est irrecevable, M. A ne justifiant pas d'un intérêt pour agir ; le terrain d'assiette est situé à plus de 150 mètres de la propriété de M. A, qui n'en est ainsi pas voisin immédiat, et il ne ressort pas des pièces du dossier que l'antenne serait visible depuis ce terrain ; par ailleurs, et en l'état des connaissances scientifiques, il n'est nullement établi que l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques émis par l'installation comporterait un risque pour la santé humaine ; par ailleurs, il n'est pas justifié de la qualité à agir du président de l'association dans la requête au fond ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie au regard notamment de l'intérêt public s'attachant à l'exécution de cet arrêté, dans un territoire identifié comme devant faire l'objet d'une action en matière de couverture du réseau ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2024, la commune de Nozières, représentée par la Selarl cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, la demande au fond étant tardive ; le panneau d'affichage est implanté depuis le 11 décembre 2023 le long du chemin de la Blâche, qui est la voie publique et ouverte au public desservant la parcelle ; ce chemin est ouvert à la circulation du public et dessert plusieurs propriétés ; au demeurant, plusieurs réunions d'information ont été réalisées en mairie en décembre 2023 et janvier 2024, en présence de M. A, qui n'ignorait donc pas l'existence du projet, dont il avait connaissance acquise, ce que manifeste d'ailleurs le fait qu'il avait formé un recours en février 2024.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 25 juillet 2024 sous le n° 2407410 par laquelle l'association " le rayon vert " et M. A demandent l'annulation de la décision tacite du 26 novembre 2023 en litige.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des postes et des télécommunications ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Le Franc, pour les requérants, qui a repris ses conclusions et moyens ; elle a soutenu en outre, s'agissant de la possible tardiveté de la requête au fond, que la continuité de l'affichage n'était pas établie, et s'agissant de la qualité pour agir, qu'il ne saurait être reproché à l'association, dans le cadre d'une action en référé, de ne pas justifier d'une habilitation régulière ; quant à la condition d'urgence, elle a précisé qu'aucune urgence à exécuter ne pouvait être opposée, dans la mesure où le secteur en litige est déjà couvert par une antenne située à deux kilomètres ;
- Me Oblique, pour la commune de Nozières, qui a repris ses conclusions et moyens ;
- Me Peyronne, pour la société ATC France, qui a repris les conclusions et moyens de la commune.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que la société ATC France a déposé le 26 octobre 2023, en mairie de Nozières, une déclaration préalable pour la construction d'une antenne-relais au lieu-dit la Blâche. L'association " le rayon vert " et M. A ont saisi le juge des référés d'une demande tendant à la suspension de la décision tacite par laquelle le maire de la commune ne s'est pas opposé à cette déclaration.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par les requérants à l'encontre de la décision attaquée n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête doivent être rejetées, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement à la commune de Nozières et à la société ATC France de la somme de 500 euros chacune au titre des frais non compris dans les dépens qu'elles ont exposés.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'association " le rayon vert " et M. B A est rejetée.
Article 2 : L'association " le rayon vert " et M. A verseront à la commune de Nozières la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : L'association " le rayon vert " et M. A verseront à la société ATC France la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " le rayon vert ", à M. B A, à la commune de Nozières et à la société ATC France.
Fait à Lyon, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
F. GaillardLa République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026