Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2408857

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2408857
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTRABELSI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme C épouse B visant à suspendre la décision du préfet de la Loire du 19 juillet 2024 lui refusant un certificat de résidence algérien. La requérante invoquait notamment une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'accord franco-algérien, mais le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. En conséquence, la suspension n'a pas été ordonnée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Trabelsi, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que la décision en litige a pour effet d'anéantir son projet professionnel et a de graves conséquences sur sa situation et celle de son couple qui se retrouve dans une situation financière particulièrement difficile ; la décision fait obstacle à son inscription aux épreuves du permis de conduire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :

* la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles des 2) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

* que contrairement à ce que le préfet de la Loire a estimé, elle est entrée régulièrement sur le territoire français en vertu du principe de libre circulation au sein de l'espace Schengen d'un ressortissant étranger titulaire d'un titre de séjour suisse ;

* que la décision mentionne de façon erronée qu'elle est entrée en France le 23 février 2023 et non 2022 ;

* que la décision est entachée d'un défaut de motivation et qu'elle n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;

* que la décision est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 septembre 2024 sous le n° 2408856 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par Mme C épouse B n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 19 juillet 2024 du préfet de la Loire portant refus de titre de séjour. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application de l'article L. 522-3 de ce code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B.

Fait à Lyon le 10 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,