vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, M. E B demande au Tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel le préfet de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette dernière renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence, insuffisamment motivées et illégales en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnait l'article L.613-1 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnait également les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de son fils mineur ;
- la décision lui interdisant le retour en France pour une durée de deux ans méconnait les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est disproportionnée quant à sa situation personnelle dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire mais qui a produit des pièces enregistrées les 9 et 10 septembre 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Journoud, conseillère, pour statuer sur les requêtes relatives à des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'un placement en rétention et aux décisions accompagnant ces mesures.
Vu :
- la désignation d'office de Me Vray,
- la prestation de serment de Mme C, interprète en albanais,
- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Vray, pour le requérant, qui conclut aux mêmes fins que la requête en soutenant les mêmes moyens, à l'exception du moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, et ajoute des conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Loire a assigné M. B à résidence à Firminy pour une durée de 45 jours et des conclusions à fin d'injonction au préfet de la Loire de procéder à un nouvel examen de la situation de M. B dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir. Elle indique en outre, que les violences sur la personne de Mme D ayant initialement donné lieu au placement en garde à vue de son client n'ont finalement pas fait l'objet de poursuites, que la décision attaquée ne fait pas mention de la prétendue interdiction judiciaire du territoire de 5 ans dont M. B ferait l'objet ce qui permet de mettre en doute son existence et de remettre en cause la prétendue menace à l'ordre public qu'il représenterait.
- les observations de M. B assisté de Mme C interprète en albanais, qui précise qu'il ne comprend pas pourquoi il a été placé en garde à vue et qu'en tout état de cause sa relation extra-conjugale avec Mme D, ressortissante française, est terminée. L'intéressé qui répond aux questions de la magistrate désignée, précise qu'il a exécuté la précédente obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de la Loire en novembre 2021 en quittant le territoire pour la Macédoine en mars 2023 et qu'il est revenu en France en décembre 2023 pour respecter son interdiction de retour de six mois. Il confirme qu'il vit avec son épouse à Firminy et qu'il suit la scolarité de son fils qui est entré en classe de 5e. Il indique que tout le monde pense qu'il est titulaire d'un titre de séjour et que c'est comme cela qu'il travaille, mais illégalement. Il souhaite obtenir un titre de séjour pour pouvoir travailler légalement.
Le préfet de la Loire n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 27 mai 1972 à Shkup (Kosovo), de nationalité kosovare, déclare être entré irrégulièrement en France pour la dernière fois après le 11 septembre 2023, après avoir exécuté en mars 2023 l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 19 novembre 2021 et l'interdiction de retour de six mois du même jour, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Lyon dans un jugement n°2201604 du 16 juin 2022. Par un arrêté du 5 septembre 2024 le préfet de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B, initialement placé au centre de rétention administrative de Lyon le 5 septembre 2024, a été libéré par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du 9 septembre suivant et assigné à résidence le même jour à Firminy pour une durée de 45 jours par le préfet de la Loire. M. B demande l'annulation des arrêtés des 5 et 9 septembre 2024 pris à son encontre par le préfet de la Loire.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les moyens communs :
3. En premier lieu, les décisions attaquées indiquent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Celles-ci permettent d'en comprendre le sens et d'en contester utilement le bien fondé. Elles sont ainsi suffisamment motivées.
4. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité préfectorale qui mentionne bien l'intégralité de la situation familiale de M. B dans l'arrêté en litige, se soit abstenue de procéder à un examen particulier de la situation personnelle du requérant.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / (). ".
6. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Loire, qui a tenu compte du fait que M. B était marié à Mme A F depuis le 1er janvier 1997, que cette dernière était en situation régulière sur le territoire français et titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 2 avril 2025, et qu'il était père de 3 enfants en situation régulière sur le territoire français dont le dernier encore mineur, n'aurait pas examiné la situation personnelle et familiale de M. B dans son intégralité. En outre, il ressort des pièces du dossier que si M. B est initialement entré en France en 2010 pour y demander l'asile, cette demande a été rejetée tant par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides le 28 janvier 2011 que par la cour nationale du droit d'asile le 10 septembre 2012, et que l'intéressé a d'ores et déjà été destinataire d'un refus de titre de séjour " parent d'enfant malade ", assorti d'une obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours le 19 novembre 2012 dont la légalité a été confirmée tant par le tribunal administratif de Lyon le 7 mai 2013 que par la cour administrative d'appel de Lyon le 4 novembre 2014. Il ressort également des termes de la décision attaquée, que le préfet de la Loire a également d'ores et déjà pris le 19 novembre 2021 un arrêté de refus de délivrance de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 6 mois. La légalité de cette décision a également été confirmée par le tribunal administratif de Lyon le 16 juin 2022 et M. B a exécuté cette mesure d'éloignement le 11 mars 2023. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B est à nouveau entré irrégulièrement en France en avril ou décembre 2023 selon ses déclarations à l'audience, sans qu'il ne soit néanmoins possible de confirmer qu'il a respecté la durée de l'interdiction de retour de 6 mois dont il a fait l'objet, ni même celle de l'interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de 5 ans prononcée à son encontre en complément de sa dernière condamnation à 4 ans d'emprisonnement décidée par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne le 14 janvier 2019. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé a effectué des démarches pour régulariser sa situation administrative alors même qu'il se prévaut aujourd'hui de la régularisation de son épouse et de ses deux enfants majeurs. La circonstance que la fille majeure de M. B soit polyhandicapée, ne constitue pas à elle seule une considération humanitaire de nature à conférer à ce dernier un droit au séjour compte-tenu de l'ensemble de ce qui vient d'être dit sur son comportement au regard de l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de la Loire n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation et n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B entré en France pour la dernière fois en avril ou décembre 2023 selon ses déclarations à l'audience, n'a jamais bénéficié d'un titre de séjour et s'est toujours maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. Par ailleurs, M. B dont le parcours pénal démontre clairement qu'il représente une menace pour l'ordre public, n'établit pas avoir installé le centre de ses intérêts personnels et familiaux sur le territoire français, ni avoir développée une intégration socio-professionnelle notable. En outre, M. B qui se prévaut du polyhandicap de sa fille majeure, n'établit pas qu'il la prend en charge ni que sa présence à ses côtés soit indispensable. Enfin, M. B n'établit pas non plus qu'il contribue de manière effective à l'entretien et à l'éducation de son fils mineur. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale au regard des buts poursuivis par l'arrêté contesté. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". La décision d'éloignement opposée à M. B n'a ni pour objet ni pour effet de le séparer de son enfant mineur, alors que l'intéressé déclare avoir quitté le territoire en 2023 et indique à l'audience qu'il se déplace beaucoup sur l'ensemble du territoire français pour travailler illégalement en plus d'entretenir une relation extra-conjugale avec une ressortissante française. En outre, bien que son épouse, mère de l'enfant, dispose d'un titre de séjour en France, M. B n'établit pas qu'elle ne pourrait pas le rejoindre au Kosovo, dont elle a la nationalité, avec leur enfant mineur, également de nationalité kosovare. Ainsi, les circonstances dont fait état M. B ne sont pas suffisantes pour considérer que la décision portant obligation de quitter le territoire français porterait atteinte à l'intérêt supérieur de son fils mineur. En tout état de cause, s'il soutient que son fils a besoin de sa présence à ses côtés, il ne produit aucun justificatif de nature à démontrer qu'il participerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis au moins deux ans, ni même depuis son retour sur le territoire en décembre 2023. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
10. En dernier lieu, les circonstances dont fait état M. B, rappelées aux points précédents, ne sont pas suffisantes pour constituer des circonstances particulières de nature à entacher la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour d'une durée de deux ans :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
13. Il résulte des dispositions précitées qu'en l'absence de circonstances humanitaires et compte tenu du refus d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de la Loire devait assortir la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour en France. Il n'apparait pas, eu égard au comportement réitéré de M. B au regard de l'ordre public et aux différentes condamnation pénales dont il a fait l'objet, et notamment la condamnation à 4 ans d'emprisonnement prononcée le 14 janvier 2019 par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour des faits de " vol par ruse, effraction, ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance " et pour des faits de " vol par ruse, effraction, ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance (complicité de tentative) ", l'intéressé ne démontrant par ailleurs aucune intégration particulière ni aucune considération humanitaire le concernant, que la durée de cette interdiction, fixée à deux ans, soit disproportionnée au regard de sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés aux points précédents, et eu égard à la gravité des faits commis, M. B n'est pas fondé à soutenir que son comportement ne représenterait pas une menace pour l'ordre public.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence du 9 septembre 2024 :
15. En premier lieu, il résulte des motifs qui précèdent que M. B n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, à l'encontre de la décision d'assignation à résidence prise à son encontre, l'illégalité des décisions d'obligation de quitter le territoire français et d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
17. M. B ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 5 septembre 2024 pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé, il pouvait faire l'objet d'une assignation à résidence. Le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable. Par ailleurs, il ne fait état d'aucune circonstance de nature à démontrer que les modalités d'exécution de cette mesure seraient disproportionnées. Dans ces conditions, et au vu de ce qui a été dit aux points 8, 9 et 10 du présent jugement, la mesure d'assignation à résidence en litige ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens, à les supposer soulevés, doivent, dès lors, être écartés.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 septembre 2024 et des décisions qu'il comporte, ni celle de l'arrêté d'assignation à résidence pour une durée de 45 jours pris à son encontre par le préfet de la Loire. Ses conclusions en ce sens, ainsi que celles accessoires, à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent, par conséquent, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de la Loire.
Copie en sera adressée à Me Vray.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
La magistrate désignée,
L. Journoud
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026