jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2408953 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 et 19 septembre 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Zouine, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de la convoquer en préfecture dans un délai de quarante-huit heures et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous les mêmes conditions d'astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ordonnance du juge des référés du 16 mai 2024 n'a toujours pas été exécutée ; malgré sa demande du 24 juin 2024, la préfète du Rhône ne lui a pas remis d'autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et n'a pas réexaminé sa situation ;
- ces difficultés d'exécution constituent un élément nouveau qui justifie la modification des mesures prononcées par l'ordonnance du 24 juin 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur cette requête dès lors qu'un rendez-vous a été fixé à Mme B le 24 septembre 2024 et qu'il n'y a plus d'urgence.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon n° 2403959 du 16 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, M. Bertolo a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Lulé, substituant Me Zouine, représentant Mme B, qui reprend les conclusions et moyens développés dans ses écritures. Il indique également que Mme B n'a reçu aucune convocation à un rendez-vous en préfecture.
La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ". Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.
2. Par une ordonnance n° 2403959 du 16 mai 2024, le juge des référés du tribunal a, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 et L. 911-1 du code de justice administrative, enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B, d'y statuer dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance et de la munir, sous huit jours, d'un document provisoire autorisant son séjour en
France, et l'autorisant à travailler. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures qu'il a ordonnées le 16 mai 2024 pour assurer l'exécution de son ordonnance.
3. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la présente ordonnance, l'injonction faite à la préfète du Rhône n'a pas été exécutée. Si la préfète du Rhône fait valoir en défense qu'elle a convoqué Mme B à un rendez-vous le 24 septembre 2024, un tel élément ne permet pas de considérer que l'injonction prononcée par ordonnance n° 2403959 du 16 mai 2024 aurait été exécutée et que la présente requête aurait perdu son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par la préfète du Rhône ne peut qu'être écartée.
4. Par ailleurs, dès lors que Mme B est toujours démunie d'autorisation provisoire de séjour à la date de la présente ordonnance, la seule circonstance qu'un rendez-vous ait été programmé ne saurait priver sa requête de son caractère d'urgence.
5. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à ce qui vient d'être dit, il y a lieu de modifier la mesure prononcée à l'article 2 de l'ordonnance du 16 mai 2024 en assortissant l'injonction faite à la préfète du Rhône de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à l'issue d'un nouveau délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux autres conclusions en injonction présentées par Mme B.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'injonction faite à la préfète du Rhône dans l'ordonnance
n° 2403959 du 16 mai 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lyon de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à l'issue d'un nouveau délai de dix jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter l'ordonnance n° 2403959 du 16 mai 2024.
Article 3 : L'État versera à Mme B la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,La greffière,
C. Bertolo L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2408953
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026