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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2409005

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409005

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409005
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, M. A se disant C E, représenté par Me Cadoux, demande au tribunal :

1°) d'ordonner la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

3°) d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit compte tenu de sa qualité de demandeur d'asile et méconnaît les dispositions de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet aurait dû appliquer les critères prévus par le règlement Dublin III ; il n'apporte pas la preuve que sa demande d'asile a été clôturée par les autorités autrichiennes ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, la décision fixant le pays de destination, l'interdiction de retour et l'inscription au fichier système d'information Schengen (SIS) sont illégales compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- l'interdiction de retour méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est disproportionnée au regard de sa situation personnelle ;

- son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) constitue une mesure d'expulsion automatique de l'espace Schengen.

Par un mémoire en défense enregistré, le 11 septembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;

- les observations de Me Cadoux, avocate de M. A se disant M. E qui reprend à l'audience les moyens et les conclusions de la requête et précise que les décisions attaquées sont insuffisamment motivées et qu'elles sont entachées d'un défaut d'examen ; que la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que le refus de délai de départ volontaire n'est pas fondé ; que le requérant a utilisé une fausse carte d'identité uniquement pour travailler ; que l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée dès lors que certains membres de la famille de M. E séjournent en France ; qu'il n'a pas fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement ; que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; que la note blanche n'est pas suffisamment circonstanciée ;

- les observations de Me Tomasi, avocat du préfet de la Haute-Savoie, qui précise que les décisions attaquées ont été prises par une autorité compétente, qu'elles sont motivées ; que la mesure d'éloignement et l'interdiction de retour sont fondées ; que le requérant a été maintenu en rétention administrative ; qu'il a fait usage d'une fausse pièces d'identité ; qu'il ne dispose pas de garanties de représentation en particulier ni d'une carte d'identité ou d'un passeport ni d'une résidence ; qu'il a fait l'objet d'une note blanche.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A se disant C E, ressortissant tunisien né le 20 juin 1995, a été interpellé, le 6 septembre 2024, et placé en retenue administrative afin de vérifier son droit au séjour. Par un arrêté du 7 septembre 2024, le préfet de la Haute-Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Par un arrêté du même jour, le requérant a été placé en rétention administrative pour une durée de quatre jours. Par une ordonnance du 11 septembre 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la prolongation de cette rétention pour une durée de vingt-six jours. Par la présente requête, M. A se disant C E demande l'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. A se disant M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

3. En premier lieu, les décisions en litige ont été signées par M. D G, sous-préfet de l'arrondissement de Bonneville, sous-préfet de permanence de la préfecture, qui disposait d'une délégation du préfet de la Haute-Savoie consentie par un arrêté du 29 août 2024 régulièrement publié, à l'effet de signer notamment les arrêtés, décisions et tout autre acte de procédure pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.

4. En deuxième lieu, les décisions attaquées énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées notamment le 1° de l'article L. 611-1, l'article L. 612-2, le 1°, 7° et le 8° de l'article L. 612-3 et les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elles mentionnent les éléments relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant. Dans ces conditions, les décisions attaquées sont suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Savoie n'aurait pas procédé à un examen particulier et sérieux de la situation du requérant. Si M. A se disant C E soutient que l'autorité administrative n'a pas tenu compte de sa demande d'asile, cette circonstance à la supposer établie est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile présentée par l'intéressé a fait l'objet d'une décision de rejet et qu'une obligation de quitter le territoire a été prononcée à son encontre par les autorités autrichiennes. Au surplus, la demande d'asile a été présentée sous l'identité de M. C E alors que le requérant se prévaut de l'identité de M. C E. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, M. A se disant C E ne peut utilement soutenir que la mesure d'éloignement est illégale compte tenu de sa qualité de demandeur d'asile dès lors que tel que cela a été exposé, cette demande a été rejetée. Le préfet de la Haute-Savoie a produit, dans le cadre de la présente instance, la réponse du Centre de coopération policière et douanière de Khel (Allemagne) du 10 septembre 2024, après consultation des autorités allemandes et autrichiennes, mentionnant que le requérant ne dispose d'aucun titre de séjour en Autriche et qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire autrichien. Par suite, l'ensemble des moyens présentés à ce titre sont inopérants et doivent être rejetés.

7. En deuxième lieu, aux termes aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A se disant C E serait entré en France au mois de mars 2023. Il aurait suivi une formation " Agent logistique " et exercé une activité professionnelle sous couvert d'une fausse carte d'identité italienne. Si le requérant se prévaut de la présence de sa fratrie en France, il se borne à produire une attestation d'hébergement établie par Mme F E épouse B résidant dans le département du Val-d'Oise et n'apporte aucun élément de nature à établir l'intensité des liens noués avec les membres de sa fratrie. En outre, il ressort des pièces du dossier et en particulier du procès-verbal d'audition en retenue du 6 septembre 2024 que M. A se disant C E a déclaré d'une part, être domicilié à Bonneville (Haute-Savoie), sans l'établir et d'autre part, que tous les membres de sa famille étaient présents dans son pays d'origine. L'intéressé, qui avait présenté une demande d'asile en Autriche, ne justifie pas d'une intégration particulière en France. Par ailleurs, il ressort de la note blanche, produite par le préfet de la Haute-Savoie, que le requérant est " suspecté d'appartenir à la mouvance islamiste radicale ", que sa pratique religieuse est radicale et que son environnement est " composé essentiellement d'individus proches de la mouvance djihadiste ". Enfin, M. A se disant C E n'a produit aucun document d'identité ou de voyage. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Savoie aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris. Par suite, l'autorité administrative n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

9. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de la mesure d'éloignement à l'encontre de la décision portant inscription dans le fichier d'information Schengen (SIS).

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

10. En premier lieu, la mesure d'éloignement n'était pas illégale, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A se disant C E présentait un risque de se soustraire à l'exécution de la décision d'éloignement dès lors qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il a fait usage d'une fausse carte d'identité italienne quand bien même cet usage aurait réservé à l'exercice d'une activité professionnelle ainsi qu'il le prétend, qu'il n'a présenté aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire n'est pas fondée doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. La mesure d'éloignement n'était pas illégale, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée de cinq ans :

14. En premier lieu, la mesure d'éloignement n'était pas illégale, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour pour une durée de cinq ans.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

16. M. A se disant C E fait valoir que sa sœur, de nationalité française, et son frère, en situation régulière, résident sur le territoire français, qu'il a pu exercer une activité professionnelle en France, que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, le requérant ne justifie pas de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle au prononcé d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De même, dans le cadre de la présente instance, à l'exception d'une attestation de Mme F E mentionnant un hébergement dans le département du Val-d'Oise alors que l'intéressé déclare résider à Bonneville dans le département de la Haute-Savoie, M. A se disant C E n'apporte pas d'élément établissant l'intensité des liens noués avec les membres de sa fratrie. En outre, il a exercé une activité professionnelle en France en faisant usage d'une fausse carte d'identité italienne. Par ailleurs, s'il ressort des termes de la décision attaquée que le comportement du requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public, M. A se disant C E fait l'objet d'une note blanche circonstanciée dont les termes ont été rappelés au point 8 du présent jugement. Enfin, il ne justifie d'aucun document d'identité ou de voyage. Dans ces conditions, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans et alors même que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette interdiction d'une durée de cinq ans, dans les circonstances particulières de l'espèce caractérisées notamment par le fait que le requérant ne justifie d'aucun document d'identité ou de voyage, ne présente pas un caractère disproportionné.

17. En dernier lieu, si M. A se disant C E soutient que son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) résultant de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre l'empêchera d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue " une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen ", il résulte toutefois des dispositions du règlement du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes, et en particulier du c) du paragraphe 5 de son article 6, que, par dérogation au d) du paragraphe 1 du même article, le signalement d'un ressortissant d'un pays tiers dans le système d'information Schengen (SIS) n'interdit pas à un État membre de l'autoriser à entrer sur son territoire pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national, ou en raison d'obligations internationales. Par suite, le moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'ordonner la production du dossier du requérant, que les conclusions aux fins d'annulation de M. A se disant C E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A se disant M. E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A se disant M. E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant C E et au préfet de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.

La magistrate désignée,

N. Bardad

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière,

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