jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409012 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Vibourel, demande au tribunal :
1°) d'ordonner la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) d'annuler la décision du 7 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sous réserve d'une renonciation expresse à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- les décisions attaquées méconnaissent le principe du contradictoire et l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'obligation de quitter le territoire français sans délai et la décision fixant le pays de destination sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 621-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il ne pouvait être renvoyé en Algérie alors que sa situation est en cours de régularisation au Portugal ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il réside régulièrement sur le territoire de l'espace Schengen ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale au Portugal ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'inscription dans le système d'information Schengen constitue une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen.
La requête a été communiquée le 9 septembre 2024, au préfet de la Savoie qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les observations de Me Cadoux, substituant Me Vibourel, avocate de M. B qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise que le requérant a quitté l'Algérie, le 10 novembre 2023 ; qu'il a obtenu des visas en France et en Espagne ; qu'il est en situation régulière au Portugal où il a été admis à suivre une formation professionnelle ; qu'il était en situation de transit lorsqu'il a été interpellé sur le territoire français ; l'arrêté contesté est dépourvu de motivation dès lors qu'il ne comporte notamment aucun élément sur sa situation personnelle ; le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation ; il devait faire l'objet d'une remise aux autorités portugaises ; la décision fixant le pays de renvoi est illégale dès lors qu'il ne désigne pas le Portugal comme pays de destination ; les faits qui lui sont reprochés ont fait l'objet d'un classement sans suite, ils constituent une seule infraction celle de vol à la tire et vol en réunion qu'il n'a pas commis et pour lesquels il n'a pas été condamné ; sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction au Portugal ; l'interdiction de retour d'une durée de douze mois est disproportionnée dès lors qu'il sera dans l'impossibilité d'obtenir un titre de séjour dans ce pays ; la privation d'un délai de départ volontaire n'est pas justifiée ; qu'il n'a jamais fait l'objet de mesures d'éloignement et que son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- les observations de Me Coquel, substituant Me Tomasi, avocat du préfet de la Savoie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 29 juin 1993, a été interpellé, le 7 septembre 2024, et placé en retenue administrative afin de vérifier son droit au séjour. Par un arrêté du 7 septembre 2024, le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un arrêté du même jour, le requérant a été placé en rétention administrative pour une durée de quatre jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :
3. En premier lieu, les décisions du 7 septembre 2024 ont été signées par Mme Laurence Tur, secrétaire générale, sous-préfète de permanence, qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet par un arrêté du 3 juillet 2023, publié le 4 juillet 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées énoncent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées notamment le 1° de l'article L. 611-1, l'article L. 612-2, le 1° et le 8° de l'article L. 612-3 et les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elles mentionnent les éléments relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant. Dans ces conditions, les décisions attaquées sont suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes des décisions contestées que le préfet de la Savoie n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. Si le requérant soutient que l'autorité administrative n'a pas tenu compte de sa résidence au Portugal, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il justifierait, notamment par la production de documents rédigés en langue portugaise et non traduits en langue française, d'un titre de séjour dans ce pays. Au surplus, il ressort des pièces produites en défense par le préfet de la Savoie que M. B disposait uniquement d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, valable du 6 décembre 2022 au 5 décembre 2023, pour une durée de 90 jours. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre " (). ".
7. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B, a été entendu par les services de police le 7 septembre 2024, sur les conditions de son entrée et de son séjour en France, sa situation personnelle, professionnelle et familiale. A cette occasion, il a été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur sa situation irrégulière et les motifs susceptibles de justifier que l'autorité administrative s'abstienne de prendre à son égard une mesure d'éloignement. En outre, la décision du 7 septembre 2024 mentionne notamment qu'il a déclaré avoir présenté une demande de titre de séjour au Portugal afin de suivre une formation professionnelle et séjourner dans ce pays. Ainsi, ses déclarations ont bien figuré dans les procès d'audition et dans la décision attaquée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire et de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Tel que cela a été précédemment exposé, M. B ne justifie d'aucun droit au séjour au Portugal. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles L. 621-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions.
En ce qui concerne la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. () ".
11. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision en litige, le requérant ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français ni d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par ailleurs, si le requérant soutient que le préfet aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire dès lors qu'il résidait régulièrement sur le territoire de l'espace Schengen, il ne justifie pas davantage du droit au séjour dont il se prévaut. Par suite, l'autorité administrative n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :
1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ;
/ 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. () ".
13. La décision contestée mentionne que le requérant sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou tout autre pays où il sera légalement admissible à l'exception notamment d'un Etat membre de l'Union européenne. M. B, ressortissant algérien, n'établit pas être légalement admissible au Portugal. Par suite, le préfet de la Savoie n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée d'un an :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".
16. M. B fait valoir d'une part, qu'il n'a aucune attache en France et d'autre part, qu'il réside au Portugal où il a entrepris des démarches de régularisation afin de poursuivre sa formation de coiffeur. Toutefois, par les documents qu'il produit le requérant ne justifie d'aucun droit au séjour dans ce pays. En outre, tel que cela a été exposé au point 4 du présent jugement M. B disposait uniquement d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles, valable du 6 décembre 2022 au 5 décembre 2023, pour une durée de 90 jours, et dont la validité était expirée à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, le contrat de formation qu'il invoque ne permet pas, à lui seul, d'établir qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet aurait porté atteinte à sa vie privée et familiale au Portugal. Enfin, l'autorité administrative a relevé que l'intéressé avait été signalé par les services de police, le 6 janvier 2022, pour des faits de vol en réunion sans violence et vol à la tire. Dans ces conditions, le préfet de la Savoie n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quand bien même le comportement de l'intéressé ne représenterait pas une menace pour l'ordre public et qu'il n'aurait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant la durée de cette interdiction à un an. L'autorité administrative n'a pas davantage porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du requérant en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation du requérant.
17. En dernier lieu, si M. B soutient que son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) résultant de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre l'empêchera d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue " une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen ", il résulte, toutefois, des dispositions du règlement du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes, et en particulier du c) du paragraphe 5 de son article 6, que, par dérogation au d) du paragraphe 1 du même article, le signalement d'un ressortissant d'un pays tiers dans le système d'information Schengen (SIS) n'interdit pas à un État membre de l'autoriser à entrer sur son territoire pour des motifs humanitaires ou d'intérêt national, ou en raison d'obligations internationales. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner la production du dossier du requérant, que les conclusions aux fins d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
La magistrate désignée,
N. Bardad
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026