jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BOUHALASSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Bouhalassa, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2024 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée et est entachée d'erreur de fait et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement européen du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 18 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Collomb, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relatives aux décisions de remise des étrangers à l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bouhalassa, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne né le 1er janvier 1993, est entré irrégulièrement en France le 15 mai 2024 selon ses déclarations. L'intéressée a sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile le 29 mai 2024 et ses empreintes ont été révélés le 5 juillet 2024. La consultation du fichier EURODAC a révélé que Mme B avait préalablement déposé une demande d'asile en Allemagne le 17 juillet 2023. Les autorités allemandes ont alors été saisies d'une demande de reprise en charge à laquelle elles ont fait connaître leur accord explicite le 13 juin 2024. La requérante a donc été informée, le 5 juillet 2024, qu'elle faisait l'objet d'un placement en procédure Dublin et les autorités allemandes, saisie le 8 juillet suivant d'une demande de reprise, ont fait connaître leur accord explicite pour la réadmission de l'intéressée le 16 juillet 2024. Par une décision du 5 septembre 2024, dont Mme B demande l'annulation, la préfète du Rhône a ordonné son transfert aux autorités allemandes responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision attaquée comprend la mention détaillée des éléments de droit et de fait retenus par la préfète du Rhône pour prendre sa décision, y compris au regard de la situation personnelle du requérant. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune pièce du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme B. La circonstance que la préfète du Rhône aurait commis une erreur de fait en indiquant que la requérante, son compagnon et leurs deux enfants mineurs seraient volontairement retournés en Allemagne au cours du mois de juin 2024, soit à une date antérieure à celle de la décision attaquée, reste, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de cette mesure. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de fait doivent être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. "
7. Pour soutenir que la préfète du Rhône aurait dû faire application de la clause discrétionnaire, Mme B soutient, d'une part, qu'un transfert en Allemagne reviendrait à l'éloigner en Côte d'Ivoire dès lors qu'elle fait l'objet d'une mesure d'éloignement à destination de ce pays prise par les autorités allemandes le 2 avril 2024. Toutefois, elle n'établit pas, par la seule production d'un document intitulé " Bescheind " assorti d'une traduction libre incomplète correspondant à une décision de refus d'asile prise par l'office fédéral allemand des migrations et des réfugiés se bornant à prévoir que " le demandeur est prié de quitter la République fédérale d'Allemagne dans les 30 jours suivant l'annonce de cette décision ", faire l'objet d'une mesure d'éloignement devenue définitive par les autorités allemandes à destination de la Côte d'Ivoire. Dans ces conditions, le risque allégué par Mme B ne peut être regardée comme réel et actuel à la date de la décision litigieuse. D'autre part, Mme B se prévaut de la présence en France de son compagnon, M. A, et de leurs deux filles nées en 2021 et en 2023 ainsi que de sa volonté d'intégration compte tenu de sa maîtrise de la langue française. Il ressort cependant des pièces du dossier que M. A fait également l'objet d'un arrêté de transfert à destination de l'Allemagne où est née la dernière fille du couple qui a ainsi déjà été amenée à voyager en Europe malgré son très jeune âge. De surcroît, la présence en France de Mme B est très récente à la date de la décision attaquée et elle ne justifie pas d'une situation stable et ancrée sur le territoire national. Dans ces conditions, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire application de la clause discrétionnaire.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander à soutenir que l'arrêté de la préfète du Rhône du 5 septembre 2024 est entaché d'illégalité et à en demander l'annulation. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète du Rhône
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. COLLOMB
Le greffier,
T. CLEMENT
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026