Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409120
jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2409120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP CARNOT AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Dandan, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 16 avril 2024 par laquelle le président de la métropole de Lyon a refusé de renouveler son agrément d'assistante maternelle, ainsi que la suspension de la décision du 30 juillet 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au président de la métropole de Lyon de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus de renouvellement de son agrément d'assistante maternelle la prive de la possibilité d'exercer son activité professionnelle et lui fait perdre le bénéfice de ses revenus ; le montant de sa pension de retraite ne lui permet pas de payer l'ensemble de ses charges ; depuis la décision du 16 avril 2024, son compte bancaire est à découvert, l'obligeant à emprunter de l'argent auprès de ses amies et à déposer des bijoux en or auprès d'un prêteur sur gage, sans que la somme prêtée ne lui permettent de couvrir l'ensemble de ses charges ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* les décisions ont été prises par des autorités incompétentes ;
* la décision du 16 avril 2024 est entachée d'un vice de procédure ; l'avis de la commission consultative paritaire départementale ne précise pas la qualité des membres qui la composent et l'acte de désignation du président de cette commission n'est pas communiqué ;
* la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
* en effet, la sécurité des enfants accueillis est garantie ; les travaux prescrits par le plan, de prévention des risques technologiques ont été réalisés avant la décision, aucun problème de sécurité n'a été relevé dans l'exercice de son activité professionnelle en 25 ans de carrière ; les deux enfants de moins de dix-huit mois qui lui sont confiés ne sont pas accueillis sur les mêmes créneaux horaires et elle ne franchit jamais les escaliers accédant à son appartement avec deux enfants dans une poussette double ;
* l'évaluation organisée pour apprécier ses compétences et connaissances est illégale et présente un caractère arbitraire ; les critères d'évaluation ne sont ni identifiables ni objectifs et le président de la métropole de Lyon n'a pas pu prendre connaissance de cette évaluation ; les parents des enfants accueillis sont satisfaits de ses services et attestent de ses compétences ; elle a pris toutes les mesures pour mettre un terme aux manquements constatés par les services de la protection maternelle et infantile, lesquels sont au demeurant mineurs, s'agissant notamment des obligations de déclaration d'enfants, d'affichage de numéros d'urgence et d'administration de médicaments ;
* elle ne méconnait pas l'importance du contenu de son agrément en accueillant deux enfants de moins de dix-huit mois sur des créneaux horaires distincts.
Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2024, la métropole de Lyon, représentée par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; Mme B perçoit une pension de retraite ainsi qu'une retraite complémentaire ; deux enfants majeurs vivent à son domicile et peuvent prendre en charge les dépenses du foyer ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2409119 par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions du président de la métropole de Lyon attaquées.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Schmidt pour Me Dandan, représentant Mme B, qui a repris ses conclusions et moyens ; elle a soutenu en outre, s'agissant de la condition d'urgence, que sa fille ne travaille pas et que son fils n'exerce son activité professionnelle que dans le cadre de contrats de courte durée, de sorte qu'il ne perçoit pas de revenus fixes ;
- Me Rey, pour Me Prouvez, représentant la métropole de Lyon, qui a repris ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est assistante maternelle agréée depuis le 27 juillet 1999. Son agrément, renouvelé pour la dernière fois en avril 2019, lui permettait d'accueillir un enfant de tout âge, un enfant de plus de dix-huit mois et deux enfants de trois ans. Par une décision du 16 avril 2024, le président de la métropole de Lyon lui a refusé le renouvellement de son agrément, puis il a, par une décision du 30 juillet 2024, rejeté son recours gracieux. Mme B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par la requérante à l'encontre de la décision contestée n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, que les conclusions de la requête présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la métropole de Lyon.
Fait à Lyon, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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