Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2409141

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2409141
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVANNIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la demande de M. C visant à assortir d’une astreinte l’injonction de délivrance d’une carte de résident, prononcée par ordonnance du 23 juillet 2024. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, le juge des référés a estimé que la préfète du Rhône avait justifié de diligences suffisantes en prenant une décision favorable et en délivrant une attestation provisoire, malgré l’absence de délivrance effective de la carte. La solution retenue écarte l’astreinte au vu des contraintes matérielles de fabrication du titre. Les conclusions accessoires au titre de l’article L. 761-1 du même code ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Vannier, demande au juge des référés :

1°) de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, les mesures prises par le juge des référés par ordonnance n° 2406544 du 23 juillet 2024, en assortissant la mesure d'injonction prononcée, tendant à ce qu'une carte de résident soit délivrée au requérant, d'une astreinte de 100 euros par jour de retard en cas de non-exécution de la mesure d'injonction dans les sept jours suivant la notification de l'ordonnance ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la préfète n'a pris aucune mesure pour exécuter l'ordonnance du 23 juillet 2024, ce qui a des conséquences importantes sur sa situation puisqu'il ne peut pas voyager en dehors de l'espace Schengen, ni par suite développer une activité professionnelle ;

- l'inexécution d'une ordonnance du juge des référés est constitutive d'un élément nouveau, propre à en justifier le réexamen ;

- afin d'assurer l'exécution de l'ordonnance du 23 juillet 2024, il est demandé le prononcé d'une astreinte.

Par un mémoire enregistré le 19 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction, en faisant valoir que le requérant bénéficie désormais d'une attestation de décision favorable pour l'octroi d'une carte de résident, valable du 27 octobre 2022 au 26 octobre 2032, dans l'attente de la confection de la carte de résident, et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2024, M. C persiste dans ses conclusions.

Il fait valoir en outre que la préfète du Rhône, en se bornant à lui délivrer une attestation de décision favorable pour l'octroi d'une carte de résident, n'a pas entièrement exécuté l'ordonnance du 23 juillet 2024, qui tendait à la délivrance d'une carte de résident.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. B a lu son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.

3. Par une ordonnance n° 2406544 du 23 juillet 2024, le juge des référés a suspendu la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a refusé de délivrer à M. C une carte de résident, et lui a fait injonction de lui délivrer cette carte dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance.

4. La préfète du Rhône a fait valoir en défense qu'elle a pris le 19 septembre 2024 une décision favorable sur la demande du requérant tendant à la délivrance d'une carte de résident et qu'elle lui a délivré une attestation de décision favorable, l'autorisant à franchir les frontières de l'espace Schengen, dans l'attente de la délivrance de la carte de résident valable du 27 octobre 2022 au 26 octobre 2032, actuellement en cours de fabrication. Si la préfète du Rhône n'a, ce faisant, pas entièrement exécuté l'ordonnance rendue le 23 juillet 2024, elle a justifié ainsi de diligences en ce sens et a muni le requérant dans l'attente d'un document l'autorisant à voyager. Dans ces conditions, à la date de la première ordonnance, et compte tenu des contraintes de temps inhérentes à la fabrication d'une carte de résident, il n'y a pas lieu d'assortir l'injonction prononcée par ordonnance du 23 juillet 2024 d'une astreinte.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 26 septembre 2024.

Le juge des référés,

T. B

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,